Source : Le Devoir
Des romans d’ici et d’ailleurs, en format de poche, à glisser dans vos bagages.
Que notre joie demeure, Kev Lambert
Le troisième roman de Kev Lambert a notamment reçu les prix Médicis et Décembre. Son héroïne, Céline Wachowski, est en ville pour présenter le Complexe Webuy, un projet immobilier qui ne fait pas l’unanimité. En 2023, Odile Tremblay écrivait dans nos pages : « Ce roman dénonce la haute bourgeoisie et le capital en offrant une humanité à son architecte vedette accusée de gentrifier un quartier de Montréal. Ça ne l’empêche pas d’épingler de concert les dérives des manifestants et des médias qui l’assaillent. »
Nous étions le sel de la mer, Roxanne Bouchard
Première partie d’un cycle poursuivi par La mariée de corail (Libre expression, 2020) et Le murmure des hakapiks (Libre expression, 2021), le polar maritime de Roxanne Bouchard, qui touche à l’intime et au collectif et entrelace les dialogues truculents et la narration poétique, qui tient de l’histoire et de la carte postale, est peuplé de personnages drôles et inquiétants, attachants et détestables, une communauté pittoresque qui n’a rien à envier à celle de Three Pines, le village imaginé par Louise Penny.
Soigne ta chute, Flora Balzano
Le court roman autofictionnel de Flora Balzano avait été couvert d’éloges lors de sa parution, en 1991. L’autrice, une Québécoise d’origine algérienne et française, y cristallise, dans une langue colorée, singulière, irrésistiblement rythmée, la crise identitaire d’une adolescente immigrante en conflit avec sa mère. À la fois révoltée et désabusée, drôle et désespérée, la narratrice est aussi attachante que détestable. En 34 ans, le livre n’a rien perdu de sa pertinence et de son authenticité.
La bouche pleine, Elisabeth Massicolli
Le premier roman d’Elisabeth Massicolli, qui a eu droit à une suite, intitulée Primadonna (Québec Amérique, 2023), revisite les codes de la chick lit. Son héroïne, Camille, « grande anxieuse au cœur poqué », jongle avec les sphères personnelle, professionnelle, sexuelle et amoureuse de son existence. Millénariale montréalaise ayant un penchant pour le vin, la narratrice, qui reconnaît qu’elle se plaint « la bouche pleine », exprime dans une langue vigoureuse, matinée d’anglais, la charge mentale des jeunes femmes d’aujourd’hui.
À lire aussi
Le miraculé, William S. Messier
Dans son cinquième livre, William S. Messier pose un regard émerveillé et moins anecdotique qu’on pourrait le croire sur les nombreuses fois où il a frôlé la mort. En 2024, la collègue Anne-Frédérique Hébert-Dolbec décrivait le roman comme « un réjouissant exercice d’écriture de soi, dans lequel l’auteur s’évertue à assumer la banalité de son statut de miraculé. Suivant le tracé sinueux de la digression, son récit oscille entre autodérision, névrose et célébration du cliché pour sonder les mécanismes de la mémoire et de sa construction. Jouissif ».
1 + 1 + 1. Le roman de l’été, Grégory Lemay
Paru en 2007, adapté au cinéma ce printemps par Yanie Dupont-Hébert, le troisième roman de Grégory Lemay donne la parole à une famille recomposée. Il y a Flavie, une adolescente, Pat, sa mère, autrice, et Jan, l’amoureux de la mère, musicien. Sans oublier Jésus, le chien de soutien émotionnel de Flavie, qui a cela de particulier qu’il est… imaginaire. Tout ce beau monde en pleine crise existentielle, mais débordant d’intelligence et d’humour, est réuni dans un chalet au bord d’un lac.
Le maître, Colm Toibin
Paru en 2004, le roman de l’Irlandais Colm Toibin revisite un épisode crucial de la vie de l’auteur américain Henry James, un moment où il s’isole dans la campagne irlandaise pour entreprendre une introspection, et même une forme de réinvention. Entre 1895 et 1899, période où il écrit beaucoup, mais où il est aussi profondément troublé par le procès d’Oscar Wilde, la mort de sa sœur et le suicide de son amie, la romancière Constance Fenimore Woolson, le personnage apparaît dans toute sa riche ambiguïté.
J’ai quelques questions à vous poser, Rebecca Makkai
Le quatrième roman de l’Américaine Rebecca Makkai tourne autour d’une affaire de meurtre irrésolu. Animatrice d’un balado de true crime, Bodie mène l’enquête pour savoir qui a assassiné Thalia, celle qui partageait sa chambre au collège il y a 20 ans. À propos de ce polar, Sonia Sarfati écrivait dans nos pages : « Au programme : #MeToo, féminicides, intimidation, manipulation de la vérité. Et une façon brillante de prendre les suspects un à un et d’imaginer comment ils auraient commis le crime. »
Les ardents, Alice Winn
Le premier roman d’Alice Winn, une Américaine née en France et éduquée en Angleterre, offre un parfait équilibre d’histoire et de romantisme. En 1914, deux garçons de la haute société liés par une « amitié particulière », mordus de culture gréco-latine, voient l’idée menaçante de la guerre se concrétiser un peu plus chaque jour. Henry sera le premier à s’enrôler, suivi plus tard par Sidney, pour le retrouver. Un livre prenant, superbement écrit, où la passion est rudement mise à l’épreuve.
Aliène, Phoebe Hadjimarkos Clarke
Le deuxième roman de Phoebe Hadjimarkos Clarke a reçu le prix Livre Inter. La Franco-Américaine y repousse les frontières du réel pour mieux aborder des enjeux de société comme l’aggravation de la crise climatique et la recrudescence des violences patriarcales. Quand Fauvel, l’héroïne, accepte de garder Hannah, le clone d’une chienne décédée, elle aussi prénommée Hannah, se met en branle un récit philosophique et cauchemardesque où la domination et l’animalité sont des notions clés.
Hors saison, Basile Mulciba
Né en France, Basile Mulciba a grandi en Guadeloupe. Son premier roman met en scène deux hommes au cœur d’une tourmente existentielle, climatique et économique. Yann, vingtenaire, étudiant en médecine, est travailleur saisonnier dans une station de ski, plus précisément dans le vieil hôtel que dirige Hans, quadragénaire. Quand les clients désertent les lieux parce que la neige n’arrive pas, les deux personnages expérimentent des heures suspendues au milieu d’une nature éclairante.
Queer, William S. Burroughs
Publié en 1985, le roman de Burroughs s’inspire d’événements qui se sont déroulés au début des années 1950. Adapté au cinéma l’automne dernier par Luca Guadagnino, le récit met en scène William Lee, alter ego de l’auteur, qui noie son désespoir dans l’alcool. Avec Eugene Allerton, le jeune homme qu’il convoite, le héros traverse l’Amérique du Sud à la recherche d’une drogue censée donner des pouvoirs télépathiques. Cauchemardesque, halluciné, le roman est aussi riche en rebondissements et en érotisme.
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