Poésie de l’incertitude et du cumul, poésie qui fraie avec les listes, mais aussi aveux tamisés de regret et d’un amoureux sentiment de dispersion. Ce sont surtout des récits en vers que nous propose Olivier Adam dans son premier recueil. L’univers intimiste des textes surligne une hésitation devant la réalité décrite. Une insistance à répéter les mêmes formules ancre le doute : « ce ne sont que des mots tu sais / un tissu de mensonges / des élucubrations / ce n’est que ma vie / et je ne l’ai pas volée ». C’est bien une recherche de certitude enfouie dans la mémoire qui est en jeu ici, tout comme les résurgences des sentiments devenant de précaires particules de temps éphémères. Les « je n’en reviens pas », les « souviens-toi » donnent à penser que la vie ne se résout pas, ne se confirme jamais que dans l’état présent ou peut-être dans le récit qu’on s’en fait. Car il faut résister au temps qui passe : « et que surtout rien ne transperce / que surtout rien / ne fissure // surtout que rien ne tremble / que rien ne contredise. » L’impermanence comme source de la poésie.
Personne n’a besoin de savoir
★★★ 1/2
Olivier Adam, Éditions Bruno Doucey, Paris, 2023, 128 pages
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