À la mort de Franz Kafka, son grand ami et exécuteur testamentaire, Max Brod, a choisi de ne pas respecter les dernières volontés du célèbre écrivain, soit de « brûler, sans restriction et sans être lu, tous ses carnets, manuscrits et lettres ». Il a ainsi publié, de manière posthume, la plus grande partie de l’oeuvre de Kafka — ses romans, notamment —, désormais mondialement lue et reconnue.
L’an dernier, Jean Teulé est mort d’un arrêt cardiaque, provoqué par une bête intoxication alimentaire. L’auteur d’une quarantaine de romans et de bandes dessinées a laissé, dans son sillage, un manuscrit inachevé : L’histoire du roi qui ne voulait pas mourir. À la demande de certains de ses amis, le manuscrit a été publié, un an jour pour jour après son décès.
Que penserait Jean Teulé de cette décision ? On ne sait pas. Chose certaine, il est difficile, comme lecteur, de se réjouir de la parution de cette ébauche de récit, qui prend pour protagoniste Louis XI. Après une ouverture étonnante décrivant la capture de tortues géantes, on découvre les dispositions sanguinaires du monarque en une enfilade de saynètes qui, dans une verve agile, certes, s’apparentent à un curriculum qui peine à s’incarner dans un plus grand schéma. L’écriture distanciée, les pointes d’ironie qui traversent une surcharge de barbarie suscitent l’indifférence ou, au mieux, le dégoût.
Mais il serait cruel de s’acharner sur un manuscrit inachevé que l’auteur, probablement, aurait voulu retravailler avant de livrer au monde. Or, le livre ne s’arrête pas là. Ses amis
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