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Le jury du prix littéraire Jacques-Poirier-Outaouais a choisi d’honorer cette année l’autrice, metteuse en scène et comédienne Émilie Monnet. Avec ce prix assorti d’une bourse de 2000 $, l’artiste multidisciplinaire d’origine anishinabe et française est couronnée pour le texte de la pièce Marguerite : le feu.
C’est une belle surprise. D’être reconnue par ma région me touche particulièrement
, confie Émilie Monnet, soulignant avoir grandi à Aylmer.
Centré sur le personnage historique de Marguerite Duplessis, esclave autochtone en Nouvelle-France au 18e siècle, Marguerite : le feu a été publié au printemps dernier aux éditions Les Herbes rouges. La pièce de théâtre avait été présentée dans la foulée en France, au prestigieux festival d’Avignon.
Marguerite Duplessis a été la première personne autochtone à avoir intenté des démarches judiciaires pour faire reconnaître sa liberté.
J’avais envie de faire connaître son histoire et son combat. Pour moi, c’est une de nos ancêtres activistes, une héroïne de notre histoire collective
, fait-elle valoir.
En plus du parcours «Marguerite : la pierre» et du balado «Marguerite : la traversée», «Marguerite : le feu» est l’un des trois volets du projet qu’Émilie Monnet consacre à la figure historique de Marguerite Duplessis.
Photo : Les Herbes rouges
Regrettant que peu de gens la connaissent
et que beaucoup de voix autochtones soient marginalisées ou occultées
, Émilie Monnet dit avoir eu envie de restaurer la mémoire de Marguerite Duplessis alors que le passé colonial commence à monter à la surface
.
Pendant longtemps, il y a vraiment eu un silence par rapport aux réalités, à l’histoire, à ces personnes qui ont façonné l’histoire. Si mon travail peut permettre de sensibiliser et de créer plus de compréhension des réalités et des luttes autochtones, ce sera le grain de sable que j’aurais apporté
, poursuit l’autrice.
En plus de la pièce de théâtre, le projet qu’Émilie Monnet consacre à Marguerite Duplessis se décline en deux autres volets : une installation performative et sonore (Marguerite : la pierre) et une série balado réalisée avec la boîte de production gatinoise Transistor Média (Marguerite : la traversée).
La pièce sera présentée à Ottawa lors de la prochaine saison du théâtre français du Centre national des Arts.
L’amour des livres
En recevant le prix du nom du fondateur du Salon du livre de l’Outaouais (SLO), Émilie Monnet se remémore cet événement qui tient une place de cœur dans [ses] souvenirs
.
J’y allais avec ma mère quand j’étais plus jeune. J’aimais vraiment ça. Je pense que c’est peut-être ça qui m’a inculqué l’amour des livres
, confie Émilie Monnet.
Elle dit dévorer aujourd’hui des livres en français, en anglais, en espagnol et en portugais, parle », »text »: »des langues qu’[elle]parle »}} »>des langues qu’[elle] parle
et lire beaucoup de théâtre
, beaucoup de littérature et d’essais autochtones
.
Je suis très inspirée par le talent et la communauté foisonnante des voix autochtones qui s’élèvent partout au Canada et dans les Amériques.
Lectrice assidue, Émilie Monnet fera part de ses prescriptions littéraires aux visiteurs du SLO, citant tous azimuts Simpson, une autrice anishinabe de l’Ontario traduite en français », »text »: »LeanneSimpson, une autrice anishinabe de l’Ontario traduite en français »}} »>Leanne Simpson, une autrice anishinabe de l’Ontario traduite en français
, la poète autochtone Joséphine Bacon et la Québécoise d’origine tunisienne Elkahna Talbi pour son livre Pomme Grenade.
En plus des projets littéraires, la scène occupera une place importante pour Émilie Monnet avec NIGAMON/TUNAI, une collaboration avec une artiste autochtone de l’Amazonie colombienne à découvrir en mai au Festival TransAmériques, et la mise en scène du spectacle Uvattini (chez nous
en inuktitut), consacré au dernier album de la chanteuse Elisapie.












