Source : Le Devoir
Le 23 mars 2019, à l’aube, une centaine de miliciens dogons ont attaqué le village d’Ogossagou, au Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso. Armés de fusils automatiques et de grenades, ils s’en sont pris aux habitants, incendiant les maisons et tuant hommes, femmes et enfants. En tout, 134 Peuls ont perdu la vie et 55 autres ont été blessés.
En proie à la violence depuis près de vingt ans, le Sahel a vu la situation s’envenimer depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011. Au fil du temps, ce territoire aride s’étendant de l’Atlantique à la mer Rouge est devenu un lieu de transition idéal pour le trafic d’armes, de drogue, de migrants et de matières premières, duquel profitent les terroristes islamistes.
Dans Sira, son cinquième long métrage, la cinéaste burkinabée Apolline Traoré aborde de front la crise que traverse cette région, s’attardant particulièrement à l’expérience des femmes africaines en proie à la violence du terrorisme islamique. « Partout où j’ai voyagé, on discute de la réalité des guerres à travers le monde. Mais peu de gens sont au courant de ce qui se passe présentement au Sahel. C’est le massacre d’Ogossagou qui m’a convaincue de l’importance d’en parler. »
Dès lors, la réalisatrice s’est attaquée « un peu naïvement » à un projet de scénario. « Car qu’est-ce que j’y connais, moi, à la vie dans une bande de terroristes ? » Avec une première version satisfaisante en main, elle a approché le gouvernement — « l’armée, plus précisément » — pour être guidée par rapport au
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