Source : Le Devoir
L’écran s’ouvre sur le musée Atlántico, à Lanzarote, en Espagne, où se trouve une exposition de sculptures immergées pour rendre hommage aux dizaines de milliers de migrants disparus en mer en effectuant la traversée vers ce qu’ils espéraient être une vie meilleure. Puis, la caméra remonte à la surface, captant de dos une femme recouverte d’une cape en aluminium, assise à la proue d’une barque bleue.
En hors-champ, une jeune fille raconte : « C’était en juillet. Le 18 juillet 2014. Après un an en Libye, ils m’ont emmenée jusqu’à la mer pour partir. Le bateau qui était parti avant nous a chaviré. Tout le monde est mort. Le samedi soir, on a vu cet immense bateau italien. Ils ont jeté une échelle pour nous faire monter. J’étais contente. Nous étions tous sauvés. »
Cette voix, c’est celle de Stéphanie, une adolescente qui, à 14 ans, a quitté seule son Nigeria natal pour rejoindre l’Italie, dans l’espoir de sortir de la misère et de pouvoir aider sa famille restée au pays. Après la peur, la faim, le froid, la violence inouïe de la traversée, elle a enfin atteint la côte, certaine de se trouver en sécurité.
Or, pour plusieurs femmes venues du Nigeria, l’arrivée en Europe n’est que le début d’un calvaire encore plus grand. En coulisse, un important et sophistiqué réseau criminel opère pour monnayer leur migration. Dès qu’elles mettent pied à terre, des trafiquants les attendent pour les contraindre à la prostitution, prétextant la nécessité de payer les frais de la traversée. Tenues
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