Une légèreté nommée douleur
Jean-Christophe Réhel s’est bien implanté dans le paysage littéraire québécois, mais dans Taureau taureau, son sixième recueil de poésie, sa figure poétique se cherche : « Je ne sais jamais si je suis là ». Aurait-il trouvé refuge dans un arbre ? « Les maisons à vendre sont trop chères / Il ne reste qu’une branche d’arbre à vendre six cent mille / C’est un bon prix », ironise-t-il. C’est peut-être parce qu’il est si haut perché qu’on le reconnaît de loin, grugé par des vers introspectifs où le doute, l’ironie et une quête existentielle s’amalgament dans une danse de métaphores hirsutes. La sève de ses mots est abondante et nous invite à une lecture glissante où les confessions semblent se tramer dans une apparente simplicité. Pourtant, au coeur de cette arabesque aérienne, une image nous envoie parfois au tapis, nous forçant à l’arrêt des émotions : « Je me cherche un ami / Pour dire quoi ? / Tout ce que je dis quand je ne parle pas. » Réhel ne réinvente pas la roue, mais doit-on s’en étonner : « Le problème est que j’ai toujours le même visage / Le même pour toujours. »
Yannick Marcoux
Taureau taureau
★★★ 1/2
Jean-Christophe Réhel, Del Busso, Montréal, 2024, 80 pages
Une maison de peau numérique
L’intelligence artificielle, plus que jamais, est au coeur de l’actualité, et le débat gronde : est-elle une menace ou une précieuse alliée ? Avec Je regarde de la porno quand je suis triste, Sayaka Araniva-Yanez propose elle aussi d’arracher sa chemise, mais cette fois pour en découdre lascivement et intimement avec un bot (la machine) intégré à son ordinateur.
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