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«Mon frère»: la tragédie ordinaire de la précarité

Source : Le Devoir

Michael grandit dans le Park, un ghetto bétonné de Scarborough, en banlieue de Toronto, aussi appelée « Scarlem », « Scarbistan » et « Scar-bro », « une banlieue qui s’était développée rapidement, dont la vie s’était épanouie en jaune, en brun et en noir ».

Avec son frère aîné Francis, qui le prend sous son aile, Michael fait les 400 coups dans un grand centre commercial linéaire, imagine un monde meilleur dans la vallée de la rivière Rouge — cette cicatrice verte qui traverse le quartier — et cherche à faire communauté avec la bande de chez Desirae’s, un salon de coiffure qui flirte avec la boîte de nuit.

La naïveté et la beauté de l’enfance sont toutefois malmenées. Chaque jour, la violence, les préjugés, les commentaires désobligeants croisent la route des deux frères. Devant eux, les inconnus changent de trottoir, les policiers se montrent intimidants et les propriétaires de boutique, suspicieux.

Francis, déterminé à ce que Michael échappe à cette misère, lui enseigne à cacher ses faiblesses, à se défendre, à agir « comme un homme ». Au fil du temps, la précarité contre laquelle se bat chaque jour leur mère trinidadienne, comme l’absence de porte de sortie, renforce la méfiance, la colère et le désespoir qui mijotent dans le coeur de l’aîné.

Dans ce deuxième roman accompli, David Chariandy convoque l’universalité de l’adolescence et de ses aspirations et la force de la fraternité et de l’amour maternel, et imprègne le tout d’une expérience évocatrice de la pauvreté, de la vulnérabilité et de l’ostracisation.

Il amène ainsi le

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Titre: Mon frère

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