Source : Le Devoir
En épitaphe de son essai autobiographique Ce désir me point, Claire Legendre cite, comme elle le faisait dans Bermudes (Leméac, 2020), son roman précédent, une écrivaine québécoise et un auteur français, Marie Uguay et Georges Bataille, tel un rappel de l’hybridité de son parcours et de son identité. La première dit ceci : « De l’autre côté du désir il n’y a pas la sérénité, il n’y a rien. Rien. » Le second, plus optimiste, rétorque : « Aimer sans doute est le possible le plus lointain. »
Ces deux facettes du fantasme — le manque et la force vitale — sont au coeur de l’essai de l’autrice montréalaise d’origine française qui, à partir d’une expérience d’une décennie de célibat involontaire, décortique les avenues complexes du désir, parmi lesquels le désir sexuel, le désir de plaire, le désir de possession et le désir d’influence, qui se manifestent en l’absence et dans l’attente d’un amour.
Il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre que ces questions obsédaient l’écrivaine depuis déjà plusieurs années. Dans Bermudes, les amours n’existaient que dans leur impossibilité à advenir. Vérité et amour (Grasset, 2013) sondait les pièges de la sentimentalité, alors que L’écorchée vive (Grasset, 2009) explorait la puissance du regard des autres dans la conception de soi.
C’est toutefois lors d’une invitation à un colloque sur le désir que le projet d’un livre entièrement consacré à ce sujet s’est concrétisé. « Dans l’appel aux communications, il y avait les mots “le drame du désir”, raconte l’écrivaine, attablée dans un café du Plateau-Mont-Royal. Ça m’a tout de suite interpellée, parce
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