Source : Le Devoir
Le film précédent de Robert Morin, 7 paysages (2022), donnait à voir une forêt et une flore en interaction avec les différents éléments de la nature, un décor se transformant au fil des saisons, altéré peu à peu par la présence humaine. Le documentaire, un suspense contemplatif et minimaliste, offrait au spectateur un répit du rythme effréné, du gris bétonné, de l’artifice de l’urbanité, pour se concentrer sur les vies qui se déploient quand il a le dos tourné.
Festin boréal, sa nouvelle oeuvre de fiction, s’inscrit en continuité avec la précédente. « Je me considère davantage comme un artiste de concepts que comme un cinéaste », affirme le réalisateur, rencontré dans un café de la Petite Italie, à Montréal. « Avec ce film, je souhaitais poursuivre la recherche et l’expérience entreprises avec 7 paysages, mais avec des animaux. Je voulais créer une oeuvre purement cinématographique, en ceci qu’elle ne comporte aucune référence à une autre forme d’art, comme le théâtre et la photo ; un film qui ne peut exister qu’en film, et pas autrement. »
Le long métrage expérimental raconte l’histoire d’un orignal qui, atteint d’une flèche, échappe à ses poursuivants et trouve refuge au coeur de la forêt, avant de s’écrouler et de rendre l’âme. D’abord, guêpes, mouches, coléoptères et vers s’emparent de ce festin. Puis, corneilles, pygargues, renards, loups et ours deviennent tour à tour convives. Entre eux s’installe une communication sous forme de danse et de jeux, alors qu’ils partagent, cèdent leur place, se disputent parfois. Tandis que les saisons défilent et
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