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Faut-il relire… Mordecai Richler ?

Source : Le Devoir

Certains auteurs semblent immortels, d’autres sombrent dans l’oubli. Après un temps, qu’en reste-t-il ? Dans sa série mensuelle Faut-il relire… ?, Le Devoir revisite un de ces écrivains avec l’aide d’admirateurs et d’observateurs attentifs. En ce qui concerne Mordecai Richler (1931-2001), compte-t-il de nombreux admirateurs ? Pendant des décennies, il a écorché à peu près tout le monde, à commencer par la communauté juive, dont il était issu. Ensuite vinrent les insultes à l’égard du Canada anglais, trop ennuyeux à son goût, et finalement envers les Québécois francophones, supposément antisémites et aveuglés par le nationalisme, chose qu’il fuyait comme la peste. L’auteur de Solomon Gursky et du Monde selon Barney semble toujours englouti sous le poids de sa légendaire misanthropie.

Tout juste après son décès, le 3 juillet 2001, le journaliste Michel Vastel a su résumer l’ambiguïté autour de cet écrivain montréalais caché parfois derrière ses cigarettes et ses verres de scotch : « S’il n’avait écrit que des romans et des contes pour enfants, qui le rendirent célèbre dans le monde entier, il aurait été le meilleur compagnon. »

Ce ne fut pas le cas, car on ne compte plus les insultes et autres remarques abrasives qu’il se permettait pour plomber l’ambiance, peu importe son auditoire ou son interlocuteur, étudiant, journaliste, écrivain ou figure de l’élite financière. Saidye Bronfman, l’épouse du puissant Samuel Bronfman, de l’entreprise Seagram, a aussi goûté à sa médecine — et l’avait d’ailleurs un peu cherché. « Quel chemin parcouru pour le petit gars de la rue Saint-Urbain », lui avait-elle dit

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