Source : Le Devoir
Dans un monde devenu imprévisible — en proie aux raz-de-marée, aux déluges et aux incendies —, une femme trouve refuge avec un compagnon d’exil — « pour passer au travers » — dans une maison isolée, au milieu d’une forêt reconquise par les loups et les plantes indigènes. Forcés de se réinventer, les deux partenaires vivent de chasse, de cueillette, de troc et de menus travaux de menuiserie.
Lors d’une balade au bord de la clairière, la narratrice rencontre, « échappés de la noirceur comme des enfers, une femme — [Farah] — deux enfants cachés dans son manteau long et un bébé porté en écharpe. » Dès lors, leurs destins, comme leurs mains, noués, les deux survivantes oeuvreront à accorder à leur famille reconstituée un dernier sursis avant le cataclysme final, un monde où elle peut aspirer à autre chose que le deuil et la destruction. Ensemble, dans cette forêt qui reprend ses droits, elles cultivent le moment présent, pigent dans ce qui est offert autant qu’elles redonnent, se laissent happer par l’indocilité, l’imprévisibilité et le chaos ordonné d’une nature dans laquelle elles tentent de se fondre.
Au fil de leurs déplacements, protégées par une biche qui porte toute la sagesse de son espèce disparue, les amies apprennent à composer avec un passé trouble qui ne sera réparé par aucun avenir.
Avec Avant de brûler, son deuxième roman après le remarqué Les falaises (La Peuplade, 2020), Virginie DeChamplain offre un récit d’anticipation apocalyptique ancré dans le territoire et dans l’appel des sens qu’il requiert.
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