Les écrivains noirs américains ont la cote. Percival Everett, par exemple, était finaliste au Booker Prize en 2022 avec The Trees (Châtiment, paru depuis peu en version française chez Actes Sud) et l’adaptation de son American Fiction était en nomination aux tout récents Oscar. Quant à S.A. Cosby, ses deux romans précédents — Les routes oubliées et La colère, publiés chez Sonatine — lui ont valu des tonnes de prix et seront portés bientôt au cinéma… en plus d’être chaudement recommandés par l’ex-président Obama.
Il faut dire tout de suite que Cosby aime les sujets dérangeants et que l’écriture de ce chantre du « New South » est d’une puissance étonnante, à l’image même du personnage, qui est bâti comme un joueur de football américain. Alors que La colère reposait sur la vengeance de deux pères à la suite de l’assassinat du couple gai mixte formé par leurs fils, Le sang des innocents met en scène Titus Crown, le shérif noir du petit comté de Charon, en Virginie profonde.
Le livre s’amorce brutalement alors que cet ancien agent du FBI affronte un jeune Noir armé qui vient d’abattre un professeur du collège local en pleine classe. Avec son équipe, Crown sécurise le périmètre et fait face au forcené lorsqu’un de ses hommes panique, tire et blesse mortellement l’assaillant tandis qu’il se dirigeait vers les policiers. Dans la petite ville où tout le monde se connaît, c’est la consternation. Mais il y a pire… Avant de succomber, le jeune assaillant a eu le
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