Source : Le Devoir
Deuxième d’une série de quatre articles consacrés aux livres qui cristallisent l’essence d’un quartier de Montréal. Cette semaine, nous vous entraînons dans les rues et sur les balcons du Centre-Sud, et sur les traces des fantômes de son Faubourg à m’lasse.
Situé en bordure du fleuve, à l’est du centre-ville, le Centre-Sud, aujourd’hui délimité par la rue Saint-Hubert à l’ouest, la voie de chemin de fer du Canadien Pacifique à l’est et la rue Sherbrooke au nord, a pris forme au XVIIIe siècle. D’abord dénommé Faubourg Québec, en raison des passagers de la capitale qui devaient obligatoirement y débarquer pour se rendre à Montréal, le quartier a connu de profondes mutations au cours des années.
Devenu rapidement un bassin industriel, notamment grâce à sa proximité avec le chemin de fer qui stimule l’implantation de quantité d’usines, le Centre-Sud — aussi appelé le Faubourg à m’lasse à cause, si l’on en croit la rumeur, de l’odeur de mélasse provenant des quais du port — s’est imposé comme lieu de vie pour des milliers de familles d’ouvriers logées dans les environs par les manufacturiers.
Au milieu du XXe siècle, déjà affectés par la désindustrialisation, les habitants du quartier sont massivement expropriés en raison de grands travaux d’aménagement urbain visant à moderniser la ville. Cinq mille résidents seront forcés de refaire leur vie ailleurs.
Aujourd’hui encore, le Centre-Sud est le théâtre de grandes transformations. Dans les terrains vagues et les stationnements, des forêts de tours de condos s’érigent au nom de la modernité,
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