Source : Le Devoir
Troisième d’une série de quatre articles consacrés aux livres qui cristallisent l’essence d’un quartier de Montréal. Cette semaine, on plonge dans les oeuvres de ceux qui ont immortalisé le Sud-Ouest.
« Le train passa. Une âcre odeur de charbon emplit la rue. Un tourbillon de suie oscilla entre le ciel et le faîte des maisons. La suie commençant à descendre, le clocher Saint-Henri se dessina d’abord, sans base, comme une flèche fantôme dans les nuages. L’horloge apparut ; son cadran illuminé fit une trouée dans les traînées de vapeur ; puis, peu à peu, l’église entière se dégagea, haute architecture de style jésuite. Au centre du parterre, un Sacré-Coeur, les bras ouverts, recevait les dernières parcelles de charbon. La paroisse surgissait. Elle se recomposait dans sa tranquillité et sa puissance de durée. École, église, couvent : bloc séculaire fortement noué
Aussi dans cette série
au coeur de la jungle citadine comme au creux des vallons laurentiens. Au-delà s’ouvraient des rues à maisons basses, s’enfonçant de chaque côté vers les quartiers de grande misère, en haut vers la rue Workman et la rue Saint-Antoine, et, en bas, contre le canal de Lachine où Saint-Henri tape les matelas, tisse le fil, la soie, le coton, pousse le métier, dévide les bobines, cependant que la terre tremble, que les trains dévalent, que la sirène éclate, que les bateaux, hélices, rails et sifflets épellent autour de lui l’aventure. »
En 1945, Gabrielle Roy donna à Montréal le roman emblématique de sa
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