Source : Le Devoir
Dépité par les vaines promesses de l’âge adulte, Vincent emprunte le chemin éprouvé du refus de l’avenir et s’envole vers l’Europe. Ne sachant trop où il va, il cumule les kilomètres, les yeux et le coeur fermés à la beauté du monde, offrant par l’ennui et le désintérêt une forme de résistance passive à sa propre émancipation. La route prend un tournant inattendu à Florence lorsqu’il renaît à lui-même à travers les yeux de la belle Anna. Dans ce premier roman livré sous forme de fragments presque mélodiques, Daniel Bélanger pose un regard empreint de tendresse et d’autodérision sur la suffisance pétrie de doutes de la jeunesse. Porté par une langue limpide et dépouillée, Auto-stop oscille entre le vertige d’une existence dont on ne saisit pas les abysses et la banale ironie du quotidien. « Alors que les jeunes de mon âge rêvaient de gravir le grand escalier de la vie sur un tapis rouge, je le déroulais à chacune de mes sorties de secours. » Avec sa plume ancrée dans une multitude de détours, Daniel Bélanger cerne une fois de plus avec brio les contours d’une âme perdue dans six milliards d’autres solitudes.
Auto-stop
★★★ 1/2
Daniel Bélanger, Les Herbes rouges, Montréal, 2024, 80 pages
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