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«Femmes silencieuses», Cristina Vanciu

Source : Le Devoir

Il n’est pas suffisant que l’écriture en fragments soit percutante — elle l’est souvent —, elle doit aussi, comme la poésie, dévoiler tout avec peu, tirer profit des silences, révéler les souvenirs comme le présent des détresses intérieures. Avec son premier roman, l’écrivaine montréalaise d’origine roumaine Cristina Vanciu réussit tout cela en racontant le quotidien d’une adolescente de 15 ans qui habite une banlieue tranquille de Montréal avec sa famille ayant fui le régime de Ceaușescu. À travers les incessants textos d’un jeune homme, les questions vides de sens, la surdité du monde, elle raconte la manipulation et la déconstruction de soi inhérentes à l’agression. Entre ces morceaux de vie, l’écrivaine décrit — tableau statique et récurrent — la nourriture présente sur la table, rappel incessant de ce qui, de la vie d’avant, s’immisce dans les perceptions et les réactions. Et il y a cette narratrice, qui ne se pose jamais comme sujet, victime condamnée à évoluer à l’extérieur d’elle-même, et qui omet volontairement ses réponses et ses explications, car à quoi bon la parole lorsque chacun choisit ce qu’il entend.

Femmes silencieuses

★★★ 1/2

Cristina Vanciu, Héliotrope, Montréal, 2024, 136 pages

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Titre: Femmes silencieuses

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