Source : Le Devoir
Rouge. Rouge comme la voiture couleur cerise qui conduit Aram le peintre et Arous la danseuse dans le Haut-Karabakh, à la frontière de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, ces époux qui, après 23 ans de mariage, doivent choisir entre s’offrir une seconde chance chez l’ennemi ou rester dans leur pays, chacun de son côté. Rouge comme le sang qui gicle sur les corps inanimés d’enfants de deux clans rivaux, trouvés sur leur route, et comme celui qui hantera dès lors leurs cauchemars. Rouge comme la robe de celle qui attend impatiemment le retour de son amoureux parti au front. Avec une langue puissante, mais d’une sobriété exemplaire, l’écrivain arménien Hovik Afyan plonge, à travers le quotidien de villageois survivant dans des conditions effroyables, dans l’absurdité de la guerre, creusant les sillons de l’infime ligne qui sépare l’amour de la haine, pour ceux qui sont tous les jours victimes de violence et d’horreurs. Dans ce roman à la narration fragmentée, qui épouse l’absence de temporalité des guerres, l’auteur livre un véritable plaidoyer contre l’indifférence qui gruge notre vision des conflits mondiaux. Bouleversant.
Rouge
★★★★
Hovik Afyan, traduit de l’arménien par Anahit Avetissian, La Peuplade, Saguenay, 2024, 168 pages
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