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Catherine Pépin | Ses histoires de la chanson

Paru en premier sur (source): journal La Presse

Comment raconter l’histoire de la chanson française autrement ? Catherine Pépin, l’engageante animatrice de l’émission Le temps d’une chanson, a trouvé une solution dans son livre Leurs drôles de vies : passer par de petites histoires pour raconter la grande !


Publié à 1h08

Mis à jour à 11h00

Les amours de Mouloudji, le sprint d’écriture de Gilles Vigneault à ses débuts à la Page blanche, la robe noire de Damia, ce sont les choses de la vie qui piquent la curiosité dans Le temps d’une chanson. Catherine Pépin, à la barre de l’émission diffusée depuis une douzaine d’années sur Espace Musique, cherche dans le quotidien des grands noms de la chanson française et québécoise les détails qui éclairent leur trajectoire.

L’animatrice, qui a fait ses premières armes derrière un micro en Autriche (« Ma mère est autrichienne », rappelle-t-elle) avant d’attraper le virus à CISM, l’antenne de l’Université de Montréal, dit avoir été happée par la radio musicale par accident. Elle avait surtout fait du reportage, notamment à Macadam Tribu, lorsque Radio-Canada lui a proposé d’animer une émission consacrée à la chanson d’hier et d’avant-hier.

Cet amour était là depuis longtemps. On a tous une trame sonore, mais je n’avais pas conscience à quel point ça m’habitait et j’aimais ça. Surtout raconter des histoires autour des artistes.

Catherine Pépin, attablée dans un café de la rue Sainte-Catherine Est

Son histoire de la chanson, telle qu’elle la raconte dans Leurs drôles de vies, est faite de tranches de vie, de rencontres ou de malheurs qui ont en commun d’avoir pour personnage principal des gens comme Aznavour, Piaf, Brassens, Félix, Gréco, Ferland et bien d’autres artistes qu’on ne désigne souvent que par leur nom ou leur prénom. L’animatrice les regroupe selon des thèmes comme l’exil, les accidents de voiture ou l’amour des animaux, tissant des liens entre les destins de l’un et l’autre. « Je pense que c’est un truc de gens de radio que de faire des liens, dit-elle. Inconsciemment, on est toujours en train de faire des liens entre la chanson qui vient de jouer et celle qui s’en vient. »

Elle donne l’exemple des artistes qui ont fait ou failli faire de la prison. Comme Brassens. « J’enregistre ça dans un coin de ma tête. Puis, des mois plus tard, je raconte que Trenet a fait de la prison plusieurs fois, puis Pauline Julien… Et là, je me dis qu’il y a quelque chose dans cette expérience de vie qui marque une personne et parfois son œuvre, dit-elle. Il y a finalement entre eux des liens insoupçonnés, qui peuvent révéler une part de leur humanité. »

Humains, après tout

« Ce qui m’intéresse, au-delà des chansons, ce sont les humains qui les fabriquent. Au fond, c’est une façon d’aller à leur rencontre », ajoute-t-elle. Catherine Pépin cite d’ailleurs Sylvain Lelièvre au début de son livre, qui disait que la chanson est « une tentative d’amitié avec celui qui écoute ». Ce l’est aussi pour elle.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Catherine Pépin, animatrice du Temps d’une chanson à ICI Musique

Leurs drôles de vies est jalonné de découvertes ou de redécouvertes, puisque l’autrice a pris soin de mettre en lumière la contribution de certaines femmes, parfois méconnues ou un peu oubliées. Comme Clairette Oddera, propriétaire d’une boîte à chanson incontournable dans le Montréal des années 1960. Ou comme Lucille Dumont et Mireille, deux chanteuses qui, au mitan de leur vie, se sont consacrées à l’enseignement. Par vocation. Et qui ont contribué à donner des ailes à Ariane Moffatt ou à Françoise Hardy.

Catherine Pépin l’affirme et l’assume : elle a fait ses choix en toute subjectivité. « J’aurais pu choisir d’autres thèmes, d’autres artistes, d’autres anecdotes, convient-elle. Il y a dans ce livre tout l’amour que j’ai pour ces artistes-là et ces histoires, que j’avais envie de raconter. »

La chanson en cinq questions 

Une voix qui a bercé ta jeunesse ?

Une image me revient : je suis assise à l’arrière de la vieille Ford brune de mon papa et on entend la chanson Aline, de Christophe, à la radio. Et je suis totalement avec lui et je chante très fort ! Je me souviens de ce sentiment de libération chaque fois que j’entends cette chanson.

Une voix qui te fait dresser les poils des bras ?

Barbara. Je ne peux pas l’écouter sans avoir la gorge nouée. Il y a une telle sincérité dans son interprétation et une façon de projeter sa vulnérabilité qui me bouleverse.

Une voix qui te fait dresser les cheveux sur la tête ?

C’est amour-haine parce qu’il me fait danser, mais je ne supporte pas le personnage de Claude François. Pour tout ce qu’on sait de ses histoires horribles avec de très jeunes femmes et son ambition… Il était d’une ambition déplaisante.

Un artiste que tu n’aimais pas et qui a fini par te séduire ?

Nana Mouskouri. On lui a consacré récemment une émission de deux heures et on a découvert une femme tellement ouverte, résiliente et assumée dans ses choix. D’une extrême polyvalence aussi. Mais quand j’étais petite, Nana Mouskouri, ce n’était pas cool, loin de là.

Un territoire dont tu aimes particulièrement la musique ?

« Mon instrument préféré, c’est la kora. Ce son cristallin, proche de celui de la harpe. J’adore la musique d’Afrique de l’Ouest, où il y a beaucoup de voix sublimes. Lass, du Sénégal, a une voix incroyable, et au Mali, j’aime beaucoup Fatoumata Diawara. »

Leurs drôles de vies — Une histoire décalée de la chanson française

Leurs drôles de vies — Une histoire décalée de la chanson française

Catherine Pépin

Éditions La Presse

264 pages

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Dans cet article

Titre: Catherine Pépin

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