Paru en premier sur (source): journal La Presse
Ces pages ont malheureusement un léger goût de déception, du même acabit que celles du Nothomb nouveau. Un goût de citron pressé à outrance. Dans le cas de Pennac, on ne peut lui en vouloir totalement. Mon assassin (titre intrigant suscitant l’espoir d’un récit captivant) entremêle l’histoire fictive du truand nommé Pépère, apparu dans les derniers volumes de la série Malaussène, et les explications de l’auteur sur la toile de fond réelle derrière certains personnages de celle-ci (la reine Zabo, C’est Un Ange, etc.).
Publié à 9 h 00
L’exercice est audacieux, peut-être même inédit, ce qu’on ne peut reprocher au sympathique écrivain à succès. Mais toute médaille a ses revers. Le point final ayant été administré à la saga Malaussène, on aurait aimé que le dossier soit définitivement clos et que Pennac passe à un autre appel. Aussi, cette sorte d’épisode dérivé/postface géante ne s’adresse qu’aux adeptes de ladite série.
On comprend que l’auteur prend de l’âge, souhaite rendre hommage à ses inspirations, révéler l’envers du décor de son œuvre phare, sans nécessairement se lancer dans un autre grand chantier. On adore les Malaussène, mais ce mélange étrange centré sur un personnage très secondaire de la fresque empêchera certains lecteurs d’accomplir le deuil serein de leur évanouissement.
Sylvain Sarrazin, La Presse
Mon assassin
Gallimard
160 pages





