Source : Le Devoir
Lorsqu’elle étudiait à la maîtrise en création littéraire à l’Université de la Colombie-Britannique, l’écrivaine nehiyaw (crie) Jessica Johns a reçu un conseil qui l’a estomaquée de la part de l’un de ses professeurs. « Il a dit à la classe d’éviter d’écrire des histoires à partir de nos rêves, car ça donnerait forcément un récit ennuyant qui ferait décrocher les lecteurs », raconte-t-elle en entrevue au Devoir.
Furieuse, l’autrice, membre de la Première Nation de Sucker Creek, en Alberta, s’est mis en tête de le faire mentir et d’écrire une nouvelle dont le moteur narratif tournerait autour de l’univers des songes. « Pour les Cris, les rêves ont une connexion directe avec la mise en récit, parce que toutes les histoires orales à propos de la création trouvent leur source dans les étoiles et ont donc un lien direct avec l’onirisme. Le conseil de mon enseignant allait donc à l’encontre de choses que je savais vraies à propos de moi-même et des miens. »
La nouvelle en question, Bad Cree, est depuis devenue le premier roman de Jessica Johns. Une façon pour elle d’honorer ses croyances avec plus de profondeur et d’intention. Le pari s’est avéré payant. Depuis sa parution en langue anglaise l’an dernier, le livre s’est hissé parmi les finalistes du concours CBC Canada Reads 2024 ainsi que du prix Aurora du meilleur roman.
Bad Cree, aujourd’hui proposé en français aux éditions Alto, dans une traduction d’Éric Fontaine, raconte l’histoire de Mackenzie, une jeune femme crie qui, après avoir perdu successivement sa kokum (sa grand-mère)
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