Paru en premier sur (source): journal La Presse
C’est une série de courts textes fragmentés, réflexions sur son passé, son présent, sa maternité, sa précarité et tous les tourments associés, que propose ici Martina Chumova, dans ce deuxième titre à son actif. Après Boîte d’allumettes (2021), l’autrice née à Prague livre ici un récit autofictif d’une très grande sensibilité – on serait tenté de dire : vulnérabilité – avec, en toile de fond, sa dépression. Carrément son « effondrement ».
Publié à 12 h 30
Elle en parle au passé, écrit-elle, même si, dans les faits, elle se conjugue encore au présent. Cette transparence – ou peut-être est-ce un souci de vérité ? – déteint dans tous les sujets abordés, avec une plume fine, d’une très grande douceur, malgré la souffrance qu’on y lit.
C’est qu’il sera question, dans le désordre et sans chronologie, des doutes, des cauchemars, de la solitude, ainsi que de ces plongeons douloureux dans une noirceur dont socialement, on parle généralement bien peu. « On ne parle pas de ces choses-là, n’est-ce pas ? » Martina Chumova, elle, en parle, et ponctue même le texte d’images, ici une photo, là un gribouillage ou un dessin d’enfant.
Devenue mère sur le tôt, à 21 ans, elle commence ici ses réflexions alors que son fils approche de l’âge qu’elle avait lorsqu’elle était enceinte de lui. « Si l’enfant atteindra bientôt le seuil convenu de l’âge adulte, suis-je encore en train de me faire ? » Non, ce n’est pas gai, mais c’est d’une grande poésie et, au final, d’une très belle humanité.
Je mets mes rêves sur la table
Le cheval d’août
130 pages





