Paru en premier sur (source): journal La Presse
Bébé sucré. Pour « sugar baby ».
Publié à 11 h 30
Si le titre intrigue et qu’il est effectivement question de « papa » et de « bébés sucrés » dans ces pages, le premier roman d’Ariane Picard (avocate de formation) est avant tout une réflexion beaucoup plus large – et assez poussée – sur le travail et la notion de réussite.
Olive a un parcours académique exemplaire ; elle a coché toutes les cases et travaille comme ingénieure informatique pour une grosse entreprise. Un emploi doré et le salaire qui vient avec, mais qui vient aussi avec une énorme pression et un sentiment immense de vacuité. Entre ses discussions avec son collègue Yanis, blasé au possible par la possibilité de se réaliser dans leur travail, et un sentiment grandissant de vide, elle aboutira en arrêt de travail. Le roman est d’ailleurs parsemé de réflexions – et de beaucoup de références, souvent citées intégralement, ce qui alourdit parfois le texte – sur le sens du travail et notre rapport à l’argent dans un monde aliénant.
Bébé sucré est toutefois un truculent récit fort divertissant et sans filtre d’une fille en crise, qui se cherche dans un monde éclaté en perte de repères. Partie chercher ailleurs si elle s’y trouverait (dans l’Ouest, pour faire cliché), Olive fera la rencontre de divers personnages colorés : de l’industrie des « sugar daddy » (et si c’était une façon comme une autre de gagner des sous pour vivre sa vie ?) en passant par un organisme de bienfaisance peut-être pas si charitable, elle sera confrontée à ses doutes, ses peurs et ses angoisses, pour le pire… et peut-être le meilleur !
Bébé sucré
Les éditions de la maison en feu
368 pages





