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«Désir d’agir» : soudain, le monde se remet à pédaler pour le climat

Source : Le Devoir

«Désir d’agir» : soudain, le monde se remet à pédaler pour le climat | Le Devoir

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Publié le 11 octobre

Dans un monde que le fatalisme climatique semble avoir paralysé, le diplomate néerlandais et militant pro-vélo Stein van Oosteren signe avec Désir d’agir un essai éclairant sur l’art de se mettre en mouvement, une traversée intime et inspirante de la transition écologique qui s’amorce en chacun de nous avant de transformer la société tout entière.

« Parfois le cœur sait déjà ce qu’il faut faire, mais la tête doit encore s’y habituer. » Cette phrase, placée en exergue de l’introduction de l’essai, résume à merveille la philosophie de Stein van Oosteren qui réside à Paris. Désir d’agir revient sur le réveil intérieur d’un homme ordinaire, quadragénaire comblé, qui comprend un jour qu’il consomme davantage qu’il ne vit. Ce choc, né d’une comparaison inattendue entre la télévision et une gomme à mâcher, le pousse à tout réévaluer : son confort, ses automatismes, sa place dans la société. De cette prise de conscience jaillit l’idée d’un engagement concret. Il décide alors de créer en France une initiative citoyenne pour rendre la capitale française cyclable.

Exit le ton moralisateur. L’expert de la mobilité et de l’urbanisme narre sa métamorphose avec une honnête simplicité, teintée d’humour et d’humilité. Rien ne le prédestinait à devenir militant, il s’est simplement mis en mouvement. Son essai, chargé et solidement construit, retrace cette bascule non comme une illumination soudaine, mais comme une succession de petits déclics, le besoin d’être utile, le goût retrouvé pour la lenteur, le plaisir d’une existence enfin alignée avec ses convictions.

Le temps du changement

L’auteur mêle également souvenirs personnels, observations de terrain et récits de réussites communes. En une cinquantaine de courts chapitres, il explore la mobilité, l’urbanisme, la santé, l’éducation ou encore notre rapport au temps. Chaque section devient une respiration, une invitation à penser autrement, à comprendre pourquoi le changement semble si difficile, ce qui le freine et comment, pas à pas, il devient possible de le mettre en marche.

Car pour l’ancien porte-parole du Collectif Vélo Île-de-France, la transition n’est pas une série de gestes techniques, mais une aventure humaine. Elle commence toujours, dit-il, par « une conversation entre citoyens qui veulent se réapproprier leur futur ». Son livre lui-même se veut une prolongation de ce dialogue. L’auteur ne prétend pas livrer des solutions toutes faites ; il invite à poser de meilleures questions.

L’un des chapitres, intitulé « Un futur sans voitures : est-ce possible ? », illustre bien sa méthode. Il ne dénonce pas, il montre la ville néerlandaise de Zandvoort, Paris délivrée de ses automobiles durant la pandémie, ou encore Merwede, quartier d’Utrecht conçu pour les piétons et les cyclistes. Autant d’exemples concrets qui font ressentir l’utilité du changement, lorsque la rue redevient un espace de rencontre et la ville, un lieu fait pour la population.

En filigrane, l’essai défend une écologie joyeuse, où l’imagination devient le moteur du réel. « La logique vous mènera d’un point A à un point B. L’imagination vous mènera partout », rappelle Einstein, une maxime qui illustre là encore la pensée de van Oosteren. Le diplomate appartient à cette lignée de penseurs-faiseurs convaincus que la transition commence dans la tête avant de se concrétiser dans la rue.

L’ouvrage agrémenté de photos et de dessins insuffle une bouffée de fraîcheur dans un débat souvent saturé d’angoisse et d’anxiété. Il ne cherche pas à convaincre par la peur, mais à raviver l’élan du possible. Bref, son écriture allie la rigueur de l’analyse à la chaleur d’un enthousiasme communicatif.

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Titre: Désir d’agir

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