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Si vous vous demandiez de quoi ça pourrait bien avoir l’air, un auteur-compositeur-interprète et un étudiant en linguistique réunis en une seule et même personne, vous auriez le portrait de Jérôme Charette-Pépin, dit Jérôme 50. Jusqu’à maintenant, il a fait paraître deux albums dont le plus récent, Antigéographiquement, aborde les sujets d’identité nationale et de langue française au Québec. Certains et certaines d’entre vous sont peut-être même en train de fredonner le succès « Tokébakicitte », nommé au gala de l’ADISQ dans la catégorie Chanson de l’année en 2021.
L’an passé, il publiait le Dictionnaire du chilleur (Le Robert Québec), dans lequel sont rassemblés des mots utilisés par la jeunesse québécoise et qui a d’abord été son mémoire de maîtrise. [Il est d’ailleurs possible de continuer à le garnir en ligne au dictionnaireduchilleur.buzz.] Souvent décriés pour leur piètre français (pas de quoi avoir envie d’aimer sa langue quand on vous reproche sans cesse de ne pas bien la parler), les adolescents et adolescentes font pourtant preuve d’une grande inventivité et d’une débordante audace.
Pour faire l’inventaire de la parlure des jeunes Québécoises et Québécois, Jérôme 50 est allé à leur rencontre, dans les partys, sur les balcons, dans les parcs et dans les bars, là où s’entend et se vit la langue des chilleurs et des chilleuses. De cette étude, il a créé avec la réalisatrice Catherine-Eve Gadoury Ainsi soit chill, une série de balados disponible sur OHdio de Radio-Canada qui permet d’entendre les jeunes dans leur milieu naturel.
Afin de célébrer leur fantaisie et faire honneur à la langue qu’ils et elles ont le bonheur de s’approprier, nous vous avons fabriqué un questionnaire mettant vos connaissances à l’épreuve.
Trouvez la signification du mot en gras dans les phrases suivantes :

Réponses
1. A : De l’argot français resta, verlan de l’anglais star. 2. B : Du slang américain beef, de l’anglais beef « bœuf », lui-même de l’ancien français boef. 3. A : Du slang américain props, de l’anglais prop« poutre, pieu, pilier ». 4. A : De l’anglais puke, d’origine onomatopéique. 5. C : De l’argot français enjailler, du nouchi enjailler, possiblement de l’anglais enjoy, lui-même de l’ancien français enjoier, enjoïr. 6. A : Du slang no cap, littéralement « sans chapeau ». 7. C : Du créole haïtien kòb « argent », de l’espagnol cobre « cuivre ». 8. B : Abréviation de paranoïer. 9. A : Du créole haïtien tchas. 10. C : De l’argot français ou directement de l’arabe maghrébin dialectal garro, abréviation de l’espagnol cigarro, par extension du sens « cigare ».





