Tout lire sur: Radio-Canada Livres
Source du texte: Lecture
Il y a quelques mois, le festival littéraire anglophone de Sudbury, Wordstock, était menacé par une crise financière. Grâce à la mobilisation de la communauté, la 12ᵉ édition se tient les 24 et 25 octobre 2025 à la Place des Arts, au cœur du centre-ville.
Nous avons reçu des fonds du Conseil des arts de l’Ontario et de la Ville du Grand Sudbury
, explique Dinah Laprairie, présidente du conseil d’administration de Wordstock Sudbury.
L’équipe de Wordstock 2025 ajuste les scènes et les espaces pour accueillir auteurs et visiteurs.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
Faute de certaines subventions habituelles, le festival propose moins de sessions et se déroule sur deux jours, plutôt que trois. Malgré cette réduction, Mme Laprairie se veut rassurante : la programmation demeure riche et variée.
J’ai toujours pensé qu’il était vraiment important pour nous, ici dans le Nord-Est de l’Ontario, d’avoir accès à des expériences artistiques.
L’activité jeunesse, en partenariat avec la Bibliothèque publique du Grand Sudbury, fait partie des moments forts de cette édition pour elle.
Cette année, le festival est consacré à la survie : il explore les façons que les histoires aident à se naviguer dans un monde en mutation et à se rapprocher malgré ses différences. Nous célébrons la littérature sous toutes ses formes, à travers des ateliers et des lectures, des activités communautaires, des scènes ouvertes et un club de lecture silencieuse
, lit-on sur le site du festival.
La force des échanges et de la communauté
Pour Alex Tétreault, créateur de théâtre francophone et poète lauréat, participer à Wordstock cette année signifie s’impliquer dans les activités du vendredi soir, notamment le micro ouvert, où il est possible de lire ses propres textes ou d’écouter des œuvres inspirantes.
Alex Tétreault anime le micro ouvert de Wordstock 2025 à Sudbury.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
Des événements comme ça, quand on est artiste, ça nous rappelle qu’on n’est pas seul […] parce que le travail d’écriture peut être très solitaire
, explique-t-il.
[En se rassemblant entre] gens qui aiment la littérature, qui aiment écrire, qui aiment lire, on a vraiment le sentiment d’appartenir à une communauté.
Selon lui, Wordstock joue un rôle essentiel pour la scène littéraire locale. Wordstock offre une vitrine que ces jeunes auteurs en herbe n’auraient pas autrement. […] Il y a une belle intimité au festival, ce qui permet aux auteurs de la région de côtoyer des écrivains plus établis et de tisser de beaux liens.
La diversité des pratiques littéraires
Connor LaFortune, écrivain, poète slam et musicien, participe à Wordstock depuis 2019 et anime avec Alex Tétreault la dernière activité de vendredi, le Poetry Slam.
C’est tellement bon de voir les différentes sections de la littérature [comme la poésie, la non-fiction, toutes les autres formes d’écriture]. À Sudbury, on se rassemble tous, on apprend les uns des autres. C’est le fun de constater que la littérature à Sudbury vaut quelque chose de grand pour nous
, dit-il.
Connor LaFortune anime le Poetry Slam de Wordstock 2025.
Photo : Radio-Canada / Déborah St-Victor
Nous avons tellement de talent ici dans notre région. […] Il n’y a aucune raison de ne pas inviter nos écrivains et lecteurs locaux à venir célébrer
, ajoute Mme Laprairie.
Des histoires inspirantes
Le festival accueille également Zilla Jones, écrivaine d’origine afro-caribéenne et auteure de The World So Wide.
Son roman s’inspire d’histoires familiales et de certaines expériences personnelles qui ont eu lieu entre 1958 à 1983. L’intrigue se situe à Winnipeg, Londres, New York et à la Grenade, dans les Caraïbes.
Zilla Jones présente son roman « The World So Wide » lors d’une entrevue à Wordstock 2025 à la Place des Arts.
Photo : Zilla Jones
Il raconte l’histoire de Felicity Alexander, cantatrice assignée à résidence à la Grenade lors de l’invasion américaine de 1983.
J’ai toujours aimé écrire […] depuis l’âge de trois ans. Cela a donc toujours fait partie de ma vie, de ma façon de m’exprimer, d’analyser les choses, d’explorer les sentiments forts, les grandes histoires et l’héritage historique
, précise l’auteure.
Zilla Jones est présente samedi soir à la Place des Arts pour une entrevue, offrant un aperçu de son dernier roman.









