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La grève que les employés d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM) mèneront pendant tout le mois de novembre sera une « catastrophe » pour le Salon du livre de Montréal, selon son directeur général, Olivier Gougeon. Ce dernier appelle à une « suspension des mesures » de grève pendant l’événement, qui se tient du 19 au 23 novembre.
Le Syndicat du transport de Montréal-CSN, qui représente les employés d’entretien de la STM, débrayera tous les jours de la semaine, en novembre. Un service essentiel sera maintenu aux heures de pointe.
Des mesures de pression comme celles-ci, même si elles sont partielles, c’est une catastrophe pour le Salon du livre de Montréal, avertit Olivier Gougeon. C’est le plus grand événement littéraire francophone de toutes les Amériques.
L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), qui représente de nombreuses maisons d’édition québécoises, va dans le même sens. Ça nous inquiète beaucoup, beaucoup
, dit Geneviève Pigeon, présidente de l’ANEL.
Les deux organisations comprennent les revendications portées par les employés d’entretien de la STM. Tout le monde mérite de bonnes conditions de travail
, assure Olivier Gougeon.
Une immense baisse d’achalandage
Le Salon du livre de Montréal, qui se déroule au Palais des congrès, accueille chaque année environ 100 000 personnes. Selon Olivier Gougeon, 75 % de ces visiteurs se rendent à l’événement en transport en commun.
La grève se traduira donc par une immense baisse d’achalandage, et surtout [par] un accès perturbé aux livres et à la lecture
, déplore-t-il.
Au-delà des conséquences que cette grève aura sur les finances du salon, il s’inquiète de ses répercussions sociales et culturelles, notamment sur les jeunes. Ces derniers, qui représentent 20 % des visiteurs, viennent au Salon la fin de la semaine, mais aussi beaucoup en semaine en transport en commun, avec leur classe.
Le Salon du livre de Montréal, c’est parfois un des seuls événements pendant l’année où les jeunes sont en contact avec le livre et la lecture
, souligne Olivier Gougeon.
Pour les gens issus d’un milieu où les livres ne font pas partie du quotidien, arriver dans un espace où le livre est non seulement mis en valeur, mais célébré, et être complètement immergé dans la joie de lecture pour tous les goûts est absolument nécessaire
, ajoute Geneviève Pigeon, de l’ANEL.
Un événement de l’ampleur du Salon du livre de Montréal doit avoir des conditions extraordinaires pour exister. Et des conditions extraordinaires, ça veut dire une suspension des mesures de grève le temps de l’événement.
Un appel à la solidarité et aux gouvernements
Olivier Gougeon affirme que le Salon du livre restera mobilisé jusqu’à la fin pour que les mesures [de grève] soient suspendues le temps de l’événement
. Un acte d’intervention a d’ailleurs été envoyé au Tribunal administratif du travail (TAT), qui a confirmé mercredi le plan de grève soumis par le syndicat des employés d’entretien de la STM.
On continue les communications auprès de la STM et du syndicat. On en appelle également à nos gouvernements qui soutiennent l’événement avec des fonds publics. La Ville de Montréal, le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada sont tous investis dans notre événement
, ajoute-t-il.
Le Salon et moi, on respecte vraiment les travailleurs [de la STM]. On pense par contre qu’il est possible de trouver une solution temporaire et on en appelle à un geste solidaire de tout le monde pour que la culture ne soit pas laissée de côté.
On considère la culture comme essentielle, et on pense qu’ensemble, on est capables de trouver un terrain d’entente.
Des répercussions après le festival
Le directeur du Salon du livre de Montréal craint aussi des répercussions à plus long terme sur l’ensemble du milieu du livre québécois.
Le Salon du livre de Montréal, c’est le moment de rencontre entre les lecteurs et les auteurs et ça a des répercussions positives sur tout le reste de l’année
, explique-t-il.
L’ANEL constate que l’événement sert d’étincelle en faisant découvrir des auteurs ou des autrices que les visiteurs ne connaissent pas, mais dont ils achèteront un livre – ou l’emprunteront à la bibliothèque – quelques mois plus tard.
Il y a une relation qui se développe entre les maisons d’édition, les auteurs et les lecteurs, et ça dure longtemps
, explique Geneviève Pigeon.
Ce sont des lieux précieux, mais fragiles, met-elle en garde. On est en compétition avec tellement d’écrans, ça ne prend pas grand-chose pour que les livres soient mis de côté.
Dans une réaction écrite transmise à Radio-Canada, le Syndicat du transport de Montréal-CSN s’est dit conscient de l’impact majeur
que cette grève aura.
Mais après plus de 115 rencontres de négociation et face à un employeur qui ne montre aucune intention de régler le conflit de travail, nous devons continuer d’augmenter la pression
, a indiqué Bruno Jeannotte, président du Syndicat du transport de Montréal-CSN.
Avec les informations de Jérémie Bergeron









