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Sens de l’observation aiguisé et humour pointu sont les principaux condiments de Strips au ketchup, le nouveau livre d’Iris Boudreau. Dans ce recueil publié aux éditions Pow Pow, l’autrice et illustratrice d’origine gatinoise croque le quotidien au fil de cases et de bulles qui font sourire.
Une grande partie des courtes bandes dessinées rassemblées dans Strips au ketchup a été partagée sur les réseaux sociaux ces cinq ou six dernières années
, précise Iris Boudreau.
Publié fin octobre aux éditions Pow Pow, «Strips au ketchup» est une version plus étoffée d’un recueil du même titre auto-édité en 2022.
Photo : Éditions Pow Pow / Iris Boudreau
Beaucoup ont été redessinés et bonifiés pour uniformiser le tout
, précise l’illustratrice, mentionnant avoir retravaillé des dessins réalisés rapidement, au crayon à mine, sur un coin de comptoir
.
Des inédits complètement nouveaux
, poursuit-elle, s’ajoutent aux planches revues et corrigées, narrant différentes anecdotes généralement en quatres cases.
Le strip ou l’art de l’observation
L’autrice et illustratrice Iris Boudreau d’origine gatinoise croque le quotidien au fil de cases et de bulles qui font sourire.
Photo : Offert par les Éditions Pow Pow / Prune Paycha, offerte par Pow Pow
Les sujets évoquent avec humour la vie de tous les jours, abordant pêle-mêle le rapport au travail et au dessin d’Iris Boudreau, son chat, ses amitiés, une visite à l’ambassade du Japon ou encore ses voyages, le tout saupoudré de quelques réflexions philosophico-humoristiques, empreintes de petites anxiétés.
Le strip, c’est assez particulier
, confie l’artiste. Pour magnifier des situations du quotidien somme toute ordinaires, Iris Boudreau dit se mettre dans un certain état d’esprit
pour tenter de déceler ce qui peut être comique dans quelque chose qui a l’air banal
.
Puiser l’inspiration dans la vie de tous les jours n’est pas toujours évident. Pour cultiver l’art du strip, «il faut pratiquer le plus possible», constate Iris Boudreau.
Photo : Éditions Pow Pow / Iris Boudreau
Je suis tout le temps un peu attentive à ce qui se passe autour de moi, peut-être plus que la moyenne des gens.
Iris Boudreau renoue ainsi avec cet exercice auquel elle s’est souvent prêtée pour le plaisir, sur les réseaux sociaux
. Le strip est un format qui se prête bien, par exemple, à Instagram, qui a un format carré, où on peut faire défiler les images
, explique-t-elle, rappelant qu’elle a commencé sa pratique à travers le blogue, au début des années 2000.
En plus d’observer, l’illustratrice s’évertue à trouver le bon rythme, la bonne formule et la chute adéquate à une histoire généralement résumée en quatre cases.
Photo : Éditions Pow Pow / Iris Boudreau
Ceux qui connaissent sa bibliographie retrouveront la patte de l’autrice de Dans mes rellignes, son premier livre. Publié en 2006, l’année où elle décroche son diplôme de l’École multidisciplinaire de l’image de l’Université du Québec en Outaouais, l’ouvrage se nourrissait de son quotidien et de souvenirs d’enfance dans un format imposé d’une page par histoire, au lieu de quatre cases dans ses strips.
Exercices solos et collaborations
Si le strip exige une approche plus solitaire et introspective, Iris Boudreau n’exclut pas de renouer des collaborations, incluant sa consœur Cathon, maintes fois citée dans Strips au ketchup, ou encore l’autrice de bande dessinée Zviane, avec qui Iris Boudreau cosigne en 2011 la bande dessinée L’ostie d’chat, une collaboration de rêve
.
Dans «Strips au ketchup», Cathon cosigne avec Iris Boudreau un strip à retrouver aussi dans la BD «Salade de fruits» de Cathon, également chez Pow Pow.
Photo : Éditions Pow Pow / Iris Boudreau
Mes derniers livres étaient plutôt des livres jeunesse
, relève Iris Boudreau, citant Mon papa punk avec Pascal Girard et Margot veut une moustache avec Richard Écrapou.
J’ai vraiment encore envie de collaborer avec mes amis, mais je ne sais pas quelle forme ça prendrait pour ces projets à venir
, poursuit celle qui souligne que la bande dessinée reste son médium de prédilection.
Dans un extrait de la bande dessinée «Justine et Les fils du King», Iris Boudreau immortalise Chez Tante Marie, un magasin aujourd’hui disparu.
Photo : Éditions de La Pastèque / Iris Boudreau
Ces possibilités s’ajoutent à un premier roman sur lequel planche Iris Boudreau, sorte de « spin-off » de sa BD Justine et Les fils du King. Parue en 2023, l’intrigue se déroule à Pointe-Gatineau, où elle a passé son adolescence, un quartier qui m’inspire et que j’aime beaucoup
.
Le roman devrait permettre de retrouver un personnage — Iris Boudreau préfère ne pas trop en dire pour l’instant — mais aussi certains endroits reconnaissables
déjà présents dans Justine et Les fils du King, comme le magasin Chez Tante Marie et le boulevard Gréber.










