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« Voici un roman où le sang est l’alpha et l’oméga », écrit en ouverture de sa préface l’angliciste et grand spécialiste du gothique littéraire Alain Morvan, l’oint du Saigneur par qui, après le docteur Frankenstein (de Mary Shelley, en 2014), le comte Dracula, dents blanches, haleine fétide, s’est invité dans « La Pléiade » (2019), flanqué de Platon et de Romain Gary.
Une citation évangélique et christique (Apocalypse, 1, 8) qui fait mouche, car si le héros du roman de l’Irlandais Bram Stoker (1897) participe d’une divinité de l’abîme, ça n’est pas du Satan traditionnel, mais bien de l’Antichrist apocalyptique. Dracula n’est pas un suppôt du diable, mais une parodie chaotique d’un Christ dont il contrefait perfidement la divinité, substituant au don absolu de la chair et du sang la prédation au quotidien, au choix des disciples l’accroissement d’un cheptel d’esclaves, à l’éternité de l’âme la sempiternité des corps, et à la conversion des nations la contamination planétaire. Dracula, le vampire transylvain, à la conquête du monde avec Londres comme quartier général.
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