
Le griot sénégalais et virtuose de la kora Zal Sissokho (dont la dynastie remonte au XIIIe siècle, rien de moins) aime bien brasser les cartes. Le musicien, implanté à Montréal depuis 1999, célébrait déjà les propensions de son instrument à la fusion des genres en 2020 avec Kora Flamenca, aidé de la guitariste Caroline Planté. Il s’allie cette fois au contrebassiste Laurent Perrault-Jolicoeur, qui infuse aux sonorités africaines du maître une essence de jazz contemplatif et contemporain. Racines, courtepointe délicatement tissée entre leurs deux univers et dans laquelle personne ne tire la couverture plus fort que l’autre, est le fruit de cette joyeuse rencontre musicale. C’est fin et lumineux, les deux artistes présentent une belle maîtrise de leurs moyens et une joie sincère et perceptible. Difficile toutefois d’ignorer que la vedette reste la kora mandingue de Sissokho. Sans enlever quoi que ce soit au jeu habile et inventif de Perrault-Jolicoeur, force est d’admettre que tout ce qui n’est pas de la kora ici fait office de faire-valoir.
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