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«Marées noires» : le fleuve Saint-Laurent en péril !

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Envoyé spécial de Radio-Canada dans les grandes zones d’affrontements armés au tournant du millénaire, Luc Chartrand s’est taillé une réputation de spécialiste de la mise en contexte des divers tiraillements qui déchirent la planète. Le correspondant de guerre a régulièrement arpenté la scène des plus importants conflits internationaux — plus spécialement au Moyen-Orient et en Afghanistan — et il était même en Haïti lors du funeste tremblement de terre qui décima l’île. Les moins jeunes se souviendront peut-être de ses débuts comme journaliste scientifique, mais on se rappelle surtout ses brillants reportages pour le diffuseur national et le magazine L’Actualité. Tout au long de sa carrière, ses textes et ses enquêtes ont toujours été des modèles de précision et de clarté admirablement documentés… des qualités que l’on retrouve encore dans ses œuvres de fiction.

Marées noires est en fait son troisième roman, après Code Bezhentzi, publié en 1998, et L’affaire Myosotis, qui lui valut le prix Saint-Pacôme du roman policier en 2016. Son héros récurrent, le journaliste d’enquête Paul Carpentier, est maintenant retraité. Depuis la mort de la femme de sa vie dans le précédent roman, il vit en ermite, souvent sur l’île Anticosti, où il est guide de chasse pour des touristes fortunés. C’est là qu’on le retrouve en train de se préparer à passer l’hiver en loup solitaire lorsqu’il aperçoit le corps d’une femme sur la grève.

Carpentier sauvera la jeune femme de l’hypothermie en la ramenant chez lui et en soignant ses blessures à la tête. Il n’apprendra pourtant rien sur elle, sauf qu’elle est menacée, qu’elle a un accent slave et qu’elle est végétalienne. Paul constate surtout les étonnantes capacités de combat de la naufragée lorsque deux hommes armés surgis de nulle part ont la mauvaise idée de chercher à l’abattre. C’est lorsqu’elle s’enfuit finalement avec sa motoneige que Carpentier décide de partir à sa recherche. Il découvrira peu à peu un incroyable complot écoterroriste visant à bloquer la circulation maritime dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le projet porté par des militants trotskistes écologistes se déplaçant dans un sous-marin est financé par un oligarque russe à l’esprit tordu, qui a décidé d’éliminer la jeune femme, car elle en sait trop sur ses véritables projets.

On sera estomaqué par la documentation fouillée de Chartrand et par sa compréhension profonde des nouveaux enjeux alors que rugit partout la crise des changements climatiques. Son écriture aussi élégante qu’efficace assure tout au long la crédibilité du récit et de ses personnages. Évidemment, une bataille de sous-marins dans le Saint-Laurent au pied des montagnes de Charlevoix, c’est un peu fort de café… mais il n’empêche que le scénario du pire est beaucoup moins échevelé qu’il n’y paraît quand on voit se développer les cassures de plus en plus profondes qui définissent désormais le monde. D’autant plus que Luc Chartrand n’a jamais eu l’habitude des affirmations gratuites…

À l’occasion du Salon du livre de Montréal, Luc Chartrand tiendra des séances de dédicace au kiosque des éditions Québec Amérique, le 22 novembre.

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Titre: Marées noires

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