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L’histoire d’Éloi est celle de liens profonds tissés avec sa famille et ses amis, tous reliés par un fil conducteur : la musique. En quoi la musique peut-elle être un outil de connexion puissant entre les individus et les générations?
Du plus loin que je puisse me souvenir, c’est à la messe du dimanche que j’ai pu d’abord constater le pouvoir rassembleur de la musique. Au-delà du caractère religieux des hymnes, d’entendre les voix de toute ma communauté chantant à l’unisson m’impressionnait, et ça m’émeut encore d’y repenser. Ma carrière de musicien m’a, par la suite, permis de constater cette connexion entre générations à travers la musique. Je me rappelle toutes ces années de spectacles jeunesse que j’ai eu le bonheur de faire devant un public ravi d’enfants et de parents (et de grands-parents). Sans oublier cette chance que nous avons eue, avec le groupe Mes Aïeux, de pouvoir compter sur un public intergénérationnel. De toutes mes expériences musicales, c’est celle de chef de chœur qui illustre le mieux cette connexion entre individus à travers la musique. Je pense à ce groupe amateur, tissé serré, de tous horizons, travaillant ensemble à produire un spectacle de grande qualité. Nous avons vécu des joies, des peines, des frustrations, des deuils. La musique nous unissait et nous aidait à mieux vivre ces moments et je n’y faisais pas abstraction. La musique est amour. J’ai eu envie, à travers ce livre, d’en parler et de parler de transmission, du rapport avec nos aînés aussi.
Éloi apprend le violon, tandis que son amie Clara s’initie au piano. Quels bienfaits l’apprentissage d’un instrument de musique peut-il apporter dans nos vies?
J’ai appris le piano et la trompette dans ma jeunesse. Bien honnêtement, je n’aimais pas vraiment pratiquer, je me suis battu à quelques reprises avec mon métronome (qui n’a malheureusement pas survécu à mon dernier assaut!). Mon rapport avec la musique était plutôt lié à la création : j’inventais mes mélodies, je suis devenu un créateur par la porte de la portée! J’ai appris la persévérance (mes parents aussi d’ailleurs…) et la vertu de l’effort à travers l’apprentissage de mes instruments. Avec le temps et l’âge, je prends plus de plaisir à pratiquer et à améliorer ma technique. L’apprentissage de la musique m’a surtout permis de laisser s’exprimer une part en moi qui ne peut être décrite avec les mots. D’où, peut-être, cette curieuse impression de me dévoiler davantage lorsque je compose une pièce instrumentale.
La musique est un langage en soi. Traduisant le monde et ses émotions en autant de notes sur une portée. Selon vous, est-ce que le langage, par le biais de l’écriture, peut se faire musical? Si oui, comment avez-vous réussi à transmettre cette musicalité par votre écriture?
Mes premiers pas professionnels avec l’écriture se sont faits par l’entremise des textes de mes chansons. Il y a forcément un souci de musicalité lorsqu’on travaille en sachant que nos mots seront mis en musique. Pour répondre à une question que plusieurs se posent : oui, je commence par les mots lorsque j’écris une chanson. En ce qui a trait à la musicalité de mon écriture d’auteur jeunesse, je pense y aller avec beaucoup d’instinct. Peut-être que ma formation de musicien m’aide? J’aime me relire à voix haute pour m’assurer de la sincérité de certains passages. Aussi, je préfère écrire lorsque je suis entouré de sons : dans un café ou dans mon bureau avec de la musique instrumentale en sourdine.
Photo : © Cassandra Beck photographe






