Tout lire sur: Radio-Canada Livres
Source du texte: Lecture
Le Salon du livre de Montréal ouvre ses portes ce mercredi pour cinq jours de célébration de l’écriture et du livre entre le soulagement provoqué par la suspension de la grève à la Société de transport de Montréal (STM), l’inquiétude liée au fléchissement des ventes et la volonté de réenchanter un monde en crise grâce aux mots.
Après avoir craint que cette 48e édition subisse une baisse d’achalandage en raison de la grève à la STM, Olivier Gougeon, directeur général du Salon du livre de Montréal, se dit très soulagé de savoir que les visiteurs pourront utiliser le transport en commun pour se rendre à l’événement sur lequel son équipe et lui ont travaillé toute l’année.
On est vraiment content, on sent que ça va être une très belle édition
, précise-t-il.
Si quelques écoles ont annulé leur venue avant que la grève soit suspendue, la plupart des groupes scolaires et des bénévoles seront au rendez-vous.
Olivier Gougeon est à la tête du Salon du livre de Montréal. (Photo d’archives)
Photo : Salon du livre de Montréal
Objectif : plus de 95 000 visiteurs
Le Salon du livre de Montréal, qui avait accueilli près de 92 000 personnes l’an dernier, s’attend à dépasser le cap des 95 000 visiteurs cette année.
Pour attirer le public, le Salon mise sur les toujours très populaires séances de dédicaces, mais aussi sur une programmation placée sous le signe du réenchantement
.
C’est nécessaire, estime Olivier Gougeon. On vit des reculs quand même inquiétants sur les plans social et politique, et plein de conflits dans le monde nous amènent vers la noirceur.
Le livre nous permet de nous élever, de mieux aborder des situations difficiles et d’avoir recours à l’imaginaire. C’est un moyen d’accéder au réenchantement.
Plus de 2000 auteurs, dont Janette Bertrand, Hélène Dorion, Dany Laferrière, Patrick Senécal et Naomi Fontaine, ainsi que 300 activités attendent le public.
Des efforts sur le prix des billets
Cette année, le Salon est très accessible. Pour la première fois de son histoire, l’entrée sera gratuite, tous les jours, pour les moins de 18 ans. Jeudi et vendredi, l’entrée sera gratuite à partir de 15 h pour les personnes qui accompagnent des mineurs.
L’entrée sera aussi gratuite mercredi, et ce, pour tous les visiteurs. Le coût du billet sera coupé de moitié pour les adultes à partir de 17 h, tous les autres jours de la semaine.
À cette abordabilité inédite s’ajoutent de nouveaux formats, comme Dans l’univers familier de… Cette série d’événements permet aux visiteurs d’entendre un auteur ou une autrice s’entretenir avec le personnage principal de son œuvre. Par exemple, Naomi Fontaine sera sur scène, samedi, avec sa mère, figure centrale de son dernier roman, Eka ashate : ne flanche pas.
On essaie d’avoir des incursions dans les couches narratives des livres et de créer des moments uniques qu’on ne trouve pas ailleurs
, souligne Olivier Gougeon.
Le Salon organise aussi des tête-à-tête cette année, notamment entre Janette Bertrand et Rébecca Déraspe, ou encore entre Philippe Racine et Dany Laferrière. L’idée est de proposer à des duos de converser sans la présence d’un animateur intervieweur afin de nourrir des échanges plus fluides et de créer des petits moments magiques
, comme le promet le directeur général.
Janette Bertrand au Salon du livre de Montréal en 2024 (Photo d’archives)
Photo : Salon du livre de Montréal
L’équipe du Salon du livre de Montréal s’est notamment inspirée de l’émission de radio et de télévision de Radio-Canada L’autre midi à la table d’à côté. J’ai toujours aimé cette émission parce que les langues se délient, la conversation suit son cours naturel et c’est un peu ce qu’on a voulu reproduire sur scène
, explique Olivier Gougeon.
Autre nouveauté : l’Espace Lis-moi MTL, pensé pour plaire aux jeunes adultes ainsi qu’aux adolescents. Des genres populaires auprès des moins de 30 ans, comme la romance, l’horreur et la science-fiction, seront particulièrement mis en avant alors que l‘interdiction du cellulaire à l’école s’est notamment traduite par une fréquentation accrue des bibliothèques dans les écoles.
Un marché du livre en berne
Comme chaque année, le Salon du livre est également très attendu par les éditeurs, pour qui cet événement est l’occasion de vendre des livres, mais surtout de faire découvrir leurs auteurs et de nouer des liens avec les lecteurs.
Ce 48e Salon du livre de Montréal commence alors que les ventes de livres sont en baisse au Québec. Début novembre, elles accusaient un retard de 3,3 % par rapport à l’an dernier, selon les données de la BTLF, qui publie chaque année le rapport Gaspard.
Le marché du livre souffre surtout de la chute de 7,9 % des ventes aux collectivités (bibliothèques et écoles) alors que les compressions en éducation ont découragé l’achat de livres. Cependant, les ventes au détail sont elles aussi en recul, de 1,1 %.
Les différents salons du livre organisés au Québec cet automne ainsi que le temps des Fêtes relanceront peut-être les achats de livres d’ici la fin de l’année, mais la situation préoccupe l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL).
Le milieu du livre est inquiet
, indique Karine Vachon, sa directrice générale. On voit un ralentissement des ventes du côté des livres jeunesse québécois.
C’est inquiétant pour l’accès aux livres auprès des jeunes. Le renouvellement de l’offre de livres dans les écoles est super important pour maintenir l’intérêt des jeunes pour la lecture et pour la découvrabilité des produits culturels québécois.
En plus de l’instabilité budgétaire des écoles, le marché du livre pâtit de la hausse du coût de la vie. La situation financière des gens n’est pas toujours évidente, ils font des choix, constate-t-elle. On espère qu’il n’y aura pas un trop fort ralentissement des achats de livres.
La populaire autrice Marie Laberge fait partie des écrivains qui dédicaceront leurs livres à l’occasion du Salon du livre de Montréal. (Photo d’archives)
Photo : Salon du livre de Montréal
Une énergie très positive
Toutefois, Olivier Gougeon reste optimiste pour l’avenir du livre québécois, faisant valoir la vitalité éditoriale et le rayonnement de la littérature d’ici, au Québec comme à l’international.
Au Salon du livre de Montréal, on ressent une énergie très positive et, de la part du public, un désir qui ne se dément pas, année après année, de venir à la rencontre des auteurs et des autrices.
Le Salon du livre de Montréal se déroule jusqu’à dimanche au Palais des congrès. La programmation complète est accessible sur le site de l’événement. (nouvelle fenêtre)










