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Passion romance au Salon du livre de Montréal

Source : Le Devoir

Le Salon du livre de Montréal consacre une part importante de sa programmation à la romance, cette littérature longtemps boudée par l’institution littéraire, qui non seulement est toujours populaire, mais connaît depuis l’après-COVID-19 un réel engouement auprès d’un lectorat surtout féminin.

Le roman à l’eau de rose d’hier, avec en tête la célèbre collection Harlequin, se décline dans ce qu’on appelle aujourd’hui la new romance. Des histoires d’amour qui se déroulent dans différents univers et empruntent des noms distincts. On parle de romance contemporaine, de romantasy, de romance historique, de romance spéculative, de dark romance et plus récemment de green romance. Des histoires d’amour qui s’adressent aux jeunes adultes, les 18-35 ans, et qui sont souvent prétextes à aborder divers sujets sociaux.

Nine Gorman, autrice de romance et directrice de la collection « NOX » chez Albin Michel — qui a pour vocation d’explorer tous les sous-genres de la romance —, explique que ces histoires vont mettre en lumière des thématiques ancrées dans le social et dans les préoccupations des jeunes, notamment la recherche de soi, la vie universitaire, l’entrée dans la vie adulte. Du côté québécois, Catherine Côté, autrice et directrice éditoriale chez Héritage, qui dirige notamment la collection « Romantik », abonde dans le même sens. « Aujourd’hui, la romance est explorée pour parler par la débande de relation d’amitié et du soutien qu’on peut avoir de nos amis quand on passe à travers une rupture. Ça aussi, ce sont des sujets universels. Et cette identification est vraiment facile. »

Bien qu’elle soit revampée, la nouvelle romance fonctionne à partir des mêmes stéréotypes, souvent le même schéma que celui du roman sentimental, depuis la rencontre entre deux personnages jusqu’à l’union en passant par l’éloignement. Parmi ces stéréotypes, que Nine Gorman qualifie plutôt de tropes, l’autrice de Ces promesses qu’on croyait éternelles recense notamment les enemies-to-lovers (ennemis devenus amants), les friends-to-lovers (amis devenus amants). « On va aussi avoir des tropes comme la proximité forcée. Oui, les tropes sont toujours là, mais on va les traiter différemment. Ce qui marchait marche encore aujourd’hui et on ne s’en passe pas, c’est sûr ! » Mais les valeurs inscrites dans cette littérature se fondent aujourd’hui à celles qui sont encouragées dans la société réelle.

Catherine Côté explique qu’on y trouve une grande diversité, notamment de plus en plus de couples ouverts, du polyamour, des relations entre personnes queers, personnes trans. « C’est une avenue que j’encourage, en tant que directrice de collection de romance chez Héritage. C’est important pour nous, le côté inclusif, le côté contemporain, de refléter des valeurs d’aujourd’hui, de ne pas avoir juste des couples hétéronormatifs où les dynamiques sont toujours les mêmes, mais vraiment offrir différentes représentations de ce à quoi peut ressembler l’amour. » Gorman ajoute que le consentement, autrefois peu ou pas présent dans la littérature à l’eau de rose, est aujourd’hui omniprésent. « On garde ce qui était cool et on fait évoluer ce qui l’était moins. »

Une littérature réconfortante

On parle d’engouement autour de cette littérature, bien que le « gros buzz », tel que l’explique Gorman, remonte, du moins en France,

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