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L’auteur Thomas King, connu pour ses ouvrages sur l’identité et l’histoire autochtones – y compris le livre désormais célèbre L’Indien malcommode : un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord –, a publiquement révélé qu’il n’a aucune ascendance autochtone, contrairement à ce qu’il a cru toute sa vie.
Il a fait l’annonce de son constat dans un essai intitulé Un Indien des plus malcommodes
, paru dans les pages du Globe and Mail. King y écrit qu’il a eu vent de rumeurs remettant en question son ascendance cherokee il y a plusieurs années.
Pour faire la lumière sur ses origines, le Californien d’origine s’est entre autres tourné vers la Tribal Alliance Against Frauds, une organisation américaine. Cette dernière a mené une enquête sur l’auteur avec l’aide de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique. Malgré leurs efforts, ils n’ont identifié aucune ascendance cherokee.
L’homme de 82 ans, qui vit maintenant en Ontario, affirme qu’il n’a jamais délibérément prétendu avoir des origines autochtones.
Il écrit qu’il avait trois ans quand son père a abandonné sa famille, et que sa mère n’en parlait à peu près jamais, mais qu’elle a déjà évoqué que le patriarche était partiellement cherokee.
Thomas King affirme également qu’il a appris la nouvelle il y a quelques semaines
et qu’il était dévasté
.
À 82 ans, je me sens comme si on m’avait déchiré en deux. Je ne suis pas l’Indien que je pensais : je ne suis pas indien du tout aux États-Unis, le terme « Indien » pour désigner les Autochtones est davantage utilisé, y compris chez certaines Premières Nations, NDLR]
, écrit-il.
Lancer un dialogue
King a récolté bien des honneurs au fil des ans, y compris la Médaille commémorative Stephen Leacock pour l’humour pour Indians on Vacation, paru en 2020. La même année, il a été fait compagnon de l’Ordre du Canada.
À cette époque, son travail qui expose la dure vérité des injustices vécues par les peuples autochtones en Amérique du Nord
et à travers lequel il remettait en question les stéréotypes et les présomptions culturelles pour approfondir le dialogue et la réconciliation
a aussi reçu le prix de la gouverneure générale.
Après avoir récolté le prix Taylor RBC pour L’Indien malcommode en 2014, King a dit à La Presse canadienne : Le mieux que je puisse espérer, c’est que mon œuvre puisse lancer un dialogue que les autres devront poursuivre.
Une porte-parole de l’éditeur de Thomas King, HarperCollins Canada, a indiqué à La Presse canadienne que l’entreprise ne ferait aucun commentaire de plus que la déclaration fournie au Globe and Mail selon laquelle la maison d’édition était fière d’avoir publié le travail de King pendant 30 ans.
King explique dans son essai qu’il avait précédemment tenté, sans succès, de retrouver les membres de la famille de son père en Oklahoma, afin d’en savoir plus sur le père biologique de son père, qui, selon sa mère, était en partie cherokee
.
Mais il affirme qu’un généalogiste de la Tribal Alliance Against Frauds a retracé à la fois la lignée de cette personne et celle du père officiel
de son père, et qu’aucun des deux n’avait d’ascendance cherokee.
L’auteur relate dans son essai qu’il s’attend à une tempête
de colère, d’incrédulité et de sentiments de trahison, et qu’une fois celle-ci passée, il fouillera les décombres pour voir s’il reste quelque chose de sa réputation et de sa carrière
.
J’aimerais penser qu’au moins, je trouverai un moyen de continuer à soutenir les causes autochtones et les artistes autochtones, même si je ne suis pas sûr que ces causes et ces artistes voudront s’approcher d’un tel champ de ruines fumant
, écrit-il.









