Source : Le Devoir
Tsukiko Ochi est née au Japon en 1965. Huit minutes à pied de la gare de Kamakura est son cinquième roman, mais le premier à paraître en français. Cinq femmes de 37 à 73 ans, « toutes un peu malmenées par la vie et souvent à bout de souffle », partagent une maison, aussi bien dire un refuge, dans la ville de Kamakura. Prenant la parole à tour de rôle, les membres de cette famille recomposée digèrent leur passé et rêvent de leur futur. En dégustant un curry de palourdes ou en apprenant à fabriquer des feuilles de cerisier confites au sel, elles vont pour ainsi dire se réconcilier avec l’amour.
Picquier, 2 février
Né en 1991 en banlieue de Dublin, Oisín McKenna vit maintenant à Londres, là où se déroule son premier roman. Fortement plébiscité depuis sa parution en 2024, le livre est décrit par son éditeur français comme « addictif, vif et tendre ». Campé en juillet 2019, dans une période où une exceptionnelle vague de chaleur s’abat sur la capitale, le récit entrelace les destins de plusieurs personnages attachants. On dit que McKenna prend le pouls de notre époque, qu’il cristallise la pulsation enivrante de la ville, qu’il traduit ce ballet de cœurs brisés et d’âmes perdues, qu’il exprime aussi habilement l’espoir que le désespoir.
De l’Olivier, 7 février
Paru en Italie l’an dernier, le deuxième roman de Susanna Bissoli est un portrait de famille que l’éditeur qualifie de « tendre, souvent hilarant, irrévérencieux et plein de vie ». L’héroïne, Vera, est une femme de 47 ans. Atteinte d’un cancer, elle choisit de regagner la maison où elle a grandi. Dès que l’autrice en panne d’inspiration met le nez dans le roman-fleuve que son père a écrit en cachette, sa relation avec le septuagénaire bourru et veuf s’améliore. Les fulgurés, ce sont ceux qui sont touchés, mais épargnés par la foudre, ceux qui « affrontent les coups du sort en tirant de leur amour une force salvatrice ».
Seuil, 14 février
Malien de naissance et Ivoirien d’adoption, Mahmoud Soumaré est docteur en mathématiques pures. Son roman braque le projecteur sur les apatrides, qui seraient 500 000 en Côte d’Ivoire et 13 millions dans le monde. L’action se déroule dans le Ravin, un bidonville où les exclus forment une communauté bienveillante, mais où la cruauté de l’extérieur finit bien entendu par se faire un chemin. Dans un style que l’on compare au réalisme magique, l’écrivain « dénonce habilement les maux qui minent presque toute l’Afrique, des séquelles du colonialisme au prosélytisme religieux, en passant par la corruption politique ».
Globe, 18 février
Née en Pologne en 1985, Małgorzata Lebda a publié en 2023, après huit recueils de poèmes, un premier roman, Vorace, qui lui a valu de multiples éloges. L’héroïne est une jeune femme qui retourne dans le village de son enfance pour prendre soin de sa grand-mère mourante, « réchauffer le corps et l’esprit de cette femme, gratter, masser, nourrir la peau, apaiser les douleurs, tout en ravivant les souvenirs et l’émerveillement devant le monde ». Entourés de champs et de forêts, les personnages apprivoisent la mort en accueillant le vivant sous toutes ses formes. Un livre sur la transmission, la sororité, l’amour et la beauté fragile de l’existence.
Noir sur blanc, 25 février
Le troisième roman de l’Irlandaise Mary Costello, après Academy Street (Seuil, 2015) et La capture (Seuil, 2020), débute à Dublin en 1985. L’héroïne s’appelle Anna. À 19 ans, elle est sous le charme de Peter, un homme plus âgé qu’elle, qui deviendra son mari et qui finira par la trahir horriblement. Des années plus tard, amoureuse de Karim, elle découvre avec bonheur la religion musulmane, puis son quotidien recommence à s’assombrir. Se déroulant sur 25 ans, le roman traiterait de manière poignante et sobre « de l’emprise, de la perte de l’innocence, de la honte et des humiliations subies en amour ».
Christian Bourgois, 4 mars
Né à Stockholm, Anton Hur a vécu avant l’âge de 10 ans dans six pays différents répartis sur quatre continents. Aujourd’hui installé à Séoul, il est traducteur de littérature coréenne vers l’anglais. Au cœur de son premier roman : un remède contre le cancer qui pousse le genre humain vers une immortalité pour le moins troublante. Il est également question d’une intelligence artificielle qui a accédé à la conscience en étudiant la poésie d’Emily Dickinson. « Vers quel futur se dirige l’humanité, maintenant que l’éternité est à portée de main des hommes, mais aussi des machines pensantes ? Vers l’utopie ou vers les ténèbres ? »
Albin Michel, 9 mars
Né en 2003, Oliver Lovrenski est un auteur norvégien d’origine croate. Son premier roman, paru à Oslo en 2023, alors qu’il n’avait que 19 ans, a reçu un accueil critique exceptionnel. On y découvre Ivor, Marco, Arjan et Jonas, des jeunes qui continuent, malgré toutes les raisons qu’ils auraient d’être désenchantés, de croire à l’amour, à l’humour, à la poésie. « Une fraternité forgée dans la poussière des terrains vagues, dans la fumée des halls d’immeubles, dans l’ombre d’une ville qui ne les nommait pas. » Il est question de criminalité, d’injustice sociale, de violence familiale, de drogue et de masculinité toxique, mais aussi du pouvoir salvateur des mots.
Actes Sud, 12 mars
En 1997, l’Indienne Arundhati Roy avait obtenu un succès immense avec Le dieu des petits riens, une histoire d’amour interdit qui lui avait valu le prestigieux prix Booker. Dans son nouveau roman, l’écrivaine, également militante (contre l’injustice et le gouvernement hindou) et essayiste, revisite son enfance dans le sud de l’Inde. Au cœur du livre : le personnage de Mary, une mère abusive que Roy a toute sa vie considérée à la fois comme un refuge et comme un orage, une femme plus grande que nature, aussi fascinante qu’effrayante, aussi rude avec ses enfants que bienveillante avec sa communauté.
Gallimard, 12 mars
Simona Lo Iacono est romancière et magistrate. C’est la première fois que l’un de ses livres est traduit en français. Ayant obtenu un accueil extraordinaire en Italie, La guérisseuse de Catane concerne Virdimura, la première femme qui ait reçu, en Sicile au XIVe siècle, une habilitation formelle à exercer l’art médical. Le roman, dont on dit qu’il est à la fois historique et éminemment contemporain, lève le voile sur le destin exceptionnel d’une femme oubliée. L’autrice a choisi de raconter la femme à travers un roman pour faire « revivre sa compassion, sa proximité avec la fragilité, son amour pour les laissés-pour-compte, son désir de guérison ».
Métailié, 27 mars
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