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Ce qui se cache derrière L’art de vivre

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Un extrait de L’art de vivre

JUNE. — C’est la faute du contracteur.
Y arrêtait pas d’insister.
Valeur de revente, valeur de revente.
Est-ce qu’on peut commencer par vivre avant de revendre ?
Y a jamais entendu parler de ça, lui, un loft ?
De nos jours, on a plus besoin de pièces, on a des coins.
Coin-repas.
Coin-cinéma.
Coin-détente.
Coin-sommeil.
Coin-rangement.
Coin-travail.
On se sent plus libres partout parce qu’on est obligés de rien nulle part.
Je suis pas capable de travailler dans mon bureau parce que je sais que c’est ça que mon bureau attend de moi.
Pareil pour ma bibliothèque.
Je suis pas conne :
je le sais que ma bibliothèque, c’est un bureau déguisé.
C’est comme si mon contracteur m’avait enfermée,
qu’y avait barré la porte de l’extérieur
pis que la clé, c’était un bébé.

BIANCA. — Y a fallu que je me mette des règles.
Exemple, pour le souper,
je peux pas commencer avant cinq heures.
C’est ma règle.
Quand le moment est venu,
je marche vers la cuisine,
je m’interdis de courir,
je marche calmement,
nonchalamment.
J’ouvre le frigo,
le garde-manger,
les armoires,
je sors des ingrédients,
je feuillette des livres de recettes.
Je me vautre sur le plancher de céramique,
le comptoir de granit,
les pots Mason.
Je choisis,
enfin,
LE SOUPER.

INGRID. — Vers la huitième minute de l’entraînement, je commence à trouver que Cassie, c’est une crisse de bitch.
« Very good ! »
« Yeah ! »
« Nice work, guys ! »
« You’re doing amazing ! »
Elle me voit même pas, la conne.
Cassie, est toujours capable de sourire, elle.
Toujours capable de parler, de faire des jeux d’esprit tout en s’exécutant.
Moi, j’ai juste le goût de vomir, je me demande pourquoi je m’inflige ça, j’essaie de m’encourager en me promettant une récompense.
Si tu vas au bout de la

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