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Andrée Christensen : retour au jardin de l’enfance


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De son premier recueil de poésie publié en 1990 à son tout nouveau roman arrivant en librairie le 23 septembre, l’écrivaine ottavienne Andrée Christensen célèbre 35 ans de création littéraire.

Elle marque le coup en tirant de nouveau et avec délicatesse sur un fil laissé en suspens dans un de ces titres précédents.

Après Freya, c’est ainsi au tour d’Ariane de reprendre vie sous la plume de l’autrice. Jeune étrangère survenant dans le dernier chapitre de La Mémoire de l’aile, Ariane s’enracine aujourd’hui au cœur d’Une forêt dans la voix.

Je m’étais toujours demandé : “Qu’est-ce qui était arrivé à Ariane? D’où venait-elle?” Et elle m’a effectivement demandé de revenir, explique la romancière.

Freya l’avait fait avant elle, émergeant des eaux de Depuis toujours, j’entendais la mer, pour réclamer sa propre histoire près de 10 ans plus tard. Face à son instinct de survie et à son insistance, Andrée Christensen avait fini par lâcher prise et se mettre à son écoute afin de raconter sa trajectoire dans Plonge, Freya, vole! publié en 2023.

Ariane s’est à son tour imposée, au cours des deux dernières années, consciente d’être différente des autres, incluant les membres de sa famille, et à la recherche de sa place dans le monde. Une forêt dans la voix relève ainsi de la quête identitaire pour celle qui, de l’enfance à l’âge adulte, tente de donner sens à son prénom et à ses origines. Mais plus encore, à trouver la voie qui la mènera à chanter haut et fort qui elle est.

Pour accompagner Ariane, Andrée Christensen a dû faire confiance à son personnage autant qu’à elle-même, faisant place à une écriture plus spontanée et instinctive, en lien direct avec leurs émotions communes. À la suite de son héroïne, la romancière a ainsi renoué avec sa propre enfance. Un voyage aux confins de ses souvenirs les plus intimes qui s’est imposé par un texte écrit pour la première fois au je.

Il y a beaucoup d’Ariane en moi, avoue la principale intéressée.

Andrée Christensen sourit et ajoute : Et il y a beaucoup de l’autrice en Ariane.

L’amour de la nature en héritage

Les deux femmes partagent un même amour pour la faune, les jardins et les forêts. Et des figures paternelles d’une grande douceur, qui leur ont transmis ce besoin d’être entourées de fleurs et d’arbres, d’oiseaux et d’insectes. Et la sensibilité pour bien observer ce monde d’odeurs, de couleurs et de vies, ainsi que les gestes attentionnés pour en prendre soin.

Cet amour de la nature me vient entièrement de mon père, confirme Andrée Christensen.

L’autrice a trouvé dans la nature les thèmes récurrents de son œuvre, ses sources d’inspiration. Bref, sa façon d’être au monde et d’écrire.

Après avoir appris aux côtés de son père, l’Ottavienne cultive depuis 40 ans maintenant son impressionnant jardin avec son conjoint. Cet espace foisonnant a toujours été pour elle une grande leçon de sagesse, au gré des saisons.

C’est toute ma voix [d’artiste] que j’ai trouvée dans la nature, dans mon jardin, dans les forêts que j’ai côtoyées.

Une citation de Andrée Christensen, autrice

D’ailleurs, dans le roman, la forêt incarne, pour Ariane, un guide, un miroir qui la mène à s’observer elle-même. Elle s’avère aussi un lieu de rencontres marquantes, incluant celle avec son premier amant. Toutes les scènes importantes de vie, de mort, de renaissance, de découverte se font au sein de la nature, souligne l’autrice.

Le chant et l’écriture comme signatures

«First Breath, First Song» de l’artiste visuelle Christina MacEwen a été une source d’inspiration majeure pour Andrée Christensen tout au long du processus d’écriture du roman.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Outre la nature, une sculpture de l’artiste visuelle Christina MacEwen, également d’Ottawa, a grandement inspiré Andrée Christensen.

First Breath, First Song fait plus que décorer sa demeure : l’œuvre occupe une place essentielle dans son quotidien. Sa bouche grande ouverte semble inspirer autant qu’expirer, crier ou chanter.

À l’instar d’Ariane, qui apprend à apprivoiser les tonalités et intentions de sa voix, Andrée Christensen chante depuis toute jeune, notamment au sein de divers chœurs et chorales, dont celle du Mouvement d’implication francophone d’Orléans, les Jeunes de cœur, depuis près de 20 ans maintenant.

La voix humaine est mon instrument préféré. Le chant nous rend plus humains.

Une citation de Andrée Christensen, autrice

Or, la voix, d’une chanteuse comme d’une écrivaine par exemple, relève à son avis de la signature. On reconnaît un Rembrandt, on reconnaît la voix de Bach. C’est cette voix intérieure que l’on réussit à faire entendre, renchérit la septuagénaire. Mais ça prend des années avant de découvrir sa propre voix. Et dans le cas d’Ariane, le moment sublime, ç’a été le moment où le mot “voix” et le mot “voie”, c’est-à-dire “chemin”, se sont rencontrés.

Un hommage à Vanier

Une femme qui pose sur un pont au-dessus d'un étang. Elle est appuyée sur le pont.

Dans le roman, la ville de Saint-Uriel prend des airs de Vanier, le quartier où Andrée Christensen a grandi.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

La romancière a remonté le fil de sa mémoire pour étayer Une forêt dans la voix. Elle a puisé plusieurs éléments essentiels de ce nouveau titre dans sa jeunesse, beaucoup plus que dans mes autres livres, confie-t-elle.

Ainsi, la petite ville de Saint-Uriel, où grandit Ariane, c’est le Vanier de mon enfance, soutient Andrée Christensen. La paroisse Saint-Charles est devenue l’église de Saint-Uriel transformée en centre commercial et condos luxueux. Le marais, le lac et la forêt du cimetière fictif correspondent à ceux qu’on retrouve sur le site du cimetière Beechwood.

Il y a aussi un petit bois, lieu d’initiation où elle avoue en rigolant doucement avoir elle-même vécu toutes sortes d’expériences que je ne raconterai pas, qui l’a beaucoup inspirée.

Elle en a fait pour Ariane un endroit où la jeune femme, à l’instar de celle qui lui prête aujourd’hui sa plume, se découvre et découvre les mystères de la vie. Une forêt lui permettant de faire vibrer et entendre toutes les nuances et vérités de sa voix.

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