Un écrivain menteur, jaloux, manipulateur et loafer au travail reçoit des lettres anonymes l’informant que sa femme le trompe. Il se met à enquêter pour découvrir l’identité de l’émissaire. Sa femme le laisse. Il dépérit (encore plus), mais continue à se concentrer sur sa quête, qui gagne en absurdité et en pathétique. N’est pas Bukowski qui veut ; écrire le perdant magnifique est un exercice périlleux. On passe les 100 premières pages d’Antisèches à s’interroger sur la direction que tout cela va prendre et sur si l’on va se donner la peine de le découvrir. Puis, au moment où on allait oublier le livre quelque part pour toujours, irritée entre autres par le côté un peu trop franco-français, les morceaux de casse-tête du délire de Sébastien L. Chauzu prennent soudainement leur place. Ça rappelle un peu le film Under the Silver Lake (2018), sans les meurtres : pas pour tout le monde, mais les adeptes de récits décalés-glauques sur les dérives de la vie bourgeoise et le mensonge des apparences seront bien servis. Peut-on se permettre un tel retard de démarrage, toutefois, dans cette économie ?
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