Au Théâtre Aphasique, 30 ans de courage sur scène

 

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Jouer sur scène, devant un public, quand, au quotidien, les mots peinent à sortir de sa bouche, c’est le défi que relève des personnes vivant avec l’aphasie grâce au Théâtre Aphasique, qui fête ses 30 ans avec une pièce de théâtre mise en scène par Lorraine Pintal.

Selon le Théâtre Aphasique, plus de 100 000 personnes sont touchées au Canada par ce trouble du langage, qui se traduit par des difficultés d’expression, mais aussi de compréhension, et qui résulte souvent d’un accident vasculaire cérébral (AVC), d’un traumatisme crânien ou encore d’une tumeur cérébrale.

Nicole Khoury est l’une d’entre elles. Après un AVC, cette photographe polyglotte a dû réapprendre le français avec une orthophoniste, qui l’a invitée à participer aux activités du Théâtre Aphasique.

Faire du théâtre avec cet organisme, créé en 1995 par l’orthophoniste et femme de théâtre Anne-Marie Théroux, s’est révélé salvateur.

Grâce à tous les ateliers et à la troupe, je parle, explique Nicole Khoury, qui est depuis devenue présidente du conseil d’administration de l’organisme. Je suis plus calme et j’ai plus confiance [en moi].

Sans le Théâtre Aphasique, je serais toujours dans mon divan, collée à la télévision.

Une citation de Nicole Khoury, présidente du Théâtre Aphasique

Deux pièces en une soirée

Ce jeudi soir, elle montera sur les planches de la Maison de la culture Mercier, à Montréal, pour présenter Le silence qui parle.

Nicole Khoury et les autres comédiens amateurs partageront la scène avec trois professionnels : Vincent Leclerc, Pascale Montpetit et Jacques L’Heureux.

Le silence qui parle sera suivi de Suivez le fil. Cette pièce a été écrite, en collaboration avec l’autrice Pénélope Bourque, dans le cadre d’un atelier d’écriture organisé par le Théâtre Aphasique. Une douzaine de membres aphasiques de l’organisme ont ainsi nourri la pièce à partir de leur histoire.

En 30 ans, le Théâtre Aphasique, qui compte environ 160 membres cette année, a présenté une dizaine de productions théâtrales, qui ont attiré plus de 30 000 spectateurs.

Jouer malgré les problèmes d’élocution

Nicole Khoury sait bien que les gens se demandent comme elle et les autres membres aphasiques de la troupe peuvent faire du théâtre, alors qu’elles ont de la difficulté à s’exprimer. Certains d’entre eux doivent composer, en plus, avec d’autres séquelles, motrices par exemple.

C’est un défi à chaque fois que je monte sur scène, souligne-t-elle. Après 13 ans, j’ai toujours le tract, je sais que je vais oublier des mots, mais que je vais quand même le faire, et je le fais.

On sait qu’on a un problème, mais on peut le faire. On a assez de courage.

Une citation de Nicole Khoury, présidente du Théâtre Aphasique

Travailler avec des comédiens professionnels, comme Vincent Leclerc et Pascale Montpetit, s’est fait dans la bienveillance et dans l’humour. Nous, on est tous un peu perdus, ça nous prend beaucoup de temps pour comprendre et on [a tendance à] oublier, indique-t-elle.

Eux, ils ont beaucoup de patience et d’empathie, ils sont très calmes, poursuit celle qui s’est bien amusée pendant les répétitions.

Des personnes posent en faisant des têtes rigolotes.

Des membres de la troupe du Théâtre Aphasique

Photo : Théâtre Aphasique

Une exposition et une conférence

Pour célébrer ses 30 ans, le Théâtre Aphasique propose aussi une exposition, également intitulée Le silence qui parle. Sous forme de roman-photo, elle met en lumière, à travers des témoignages et des informations scientifiques, aussi bien le parcours des personnes aphasiques que le vécu de leur entourage. Cette exposition se tient jusqu’au 5 octobre à l’Écomusée du Fier-Monde, à Montréal.

Une conférence sur les bienfaits du théâtre pour la réadaptation des personnes aphasiques complète ce programme du 30e anniversaire du Théâtre Aphasique. Elle sera donnée le 19 septembre, à l’Université de Montréal, et le 26 septembre, à l’Université du Québec à Montréal.

Après Montréal, le spectacle, l’exposition et la conférence voyageront à Trois-Rivières, cet hiver, et à Gatineau, au printemps.

Avec les informations de Claudia Hébert

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