Source : Le Devoir
« Une oeuvre inspirée, à la fois douloureuse, poétique et poignante. » C’est en ces mots que la journaliste Odile Tremblay décrivait, en 2008 dans les pages du Devoir, le film Séraphine de Martin Provost, qui s’attardait à l’histoire de Séraphine de Senlis, grande peintre autodidacte, issue d’un milieu modeste.
Bien qu’il livre à nouveau un film empreint de délicatesse et sublime sur le plan visuel, le cinéaste français n’atteint pas le même état de grâce avec Bonnard, Pierre et Marthe, qui retrace sur un demi-siècle la vie du peintre Pierre Bonnard, figure importante du postimpressionnisme.
Comme son titre l’indique, le long métrage répète une tendance lourde du film biographique et s’attache moins à l’artiste et à son travail qu’à sa relation avec la femme qui s’est tenue derrière lui pendant près de cinquante ans, muse, modèle, soutien comme déclencheur émotionnel.
Fascinante et insaisissable, Maria Boursin, alias « Marthe », existe d’abord et avant tout dans les toiles et les esquisses de Pierre Bonnard — figure iconique traversant l’ensemble de l’oeuvre intimiste et lumineuse du « peintre du bonheur ».
Martin Provost retrace donc leur existence à partir de leur rencontre, en 1893, alors qu’une femme (Cécile de France) qui dit s’appeler Marthe de Méligny — nom inventé pour cacher ses origines modestes — et qui travaille dans une boutique de fleurs artificielles accepte à brûle-pourpoint de poser pour un jeune peintre (Vincent Macaigne) qui obtient de plus en plus de succès. Follement amoureux, les deux amants quittent Paris pour s’installer dans une maison de campagne au bord de la
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