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Cap sur Québec : Des auteurs et des autrices de la ville

Les triplettes (t. 1) : Constance l’imparfaite
Ariane Michaud, Hurtubise, 224 p., 19,95$
Dans cette trilogie, Constance, Agathe et Bérengère se racontent en alternance en plus d’avoir chacune un tome attitré (le deuxième roman s’intitule Agathe l’amoureuse, tandis que le dernier titre paraîtra en août). Vivant à Québec, les jeunes filles, en quatrième secondaire, traversent les hauts et les bas de l’adolescence. Constance intègre la troupe de théâtre, Agathe réalise que sa relation amoureuse s’avère parfois compliquée et Bérengère ne déroge pas de ses objectifs d’études parce qu’elle rêve d’entrer en médecine, au risque de laisser tomber le reste. Cette série lumineuse et drôle met en scène des sœurs unies malgré leurs différences et leurs désaccords.

Concassée
Mireille Gagné, Lames, 192 p., 23,95$
Une pierre revêt de multiples formes. D’abord, elle se présente comme une matière dure, solide, résistante, mais peut pourtant être friable, un résultat d’amalgames qui modifient constamment ses propriétés et attestent de ses diverses transformations. Dans le livre poétique Concassée, Mireille Gagné utilise la roche comme matériau pour constituer une généalogie matrilinéaire féconde en histoires, « une parcelle de mémoire que j’ignorais, mais qui m’appartenait ». Le caillou devient métaphore de joyaux bruts, de gris-gris au creux de la main, de lourds poids amoncelés au fond des poches, autant de symboles fertiles qui concourent à articuler une œuvre sondant les fondements vulnérables de nos origines.

Souffler un peu
Rémi-Julien Savard, Boréal, 192 p., 26,95$
Huit nouvelles érigent ce recueil mettant en scène des personnages qui à première vue n’ont rien d’héroïque. L’auteur parvient cependant à laisser entrevoir en chacun d’eux une part de fragilité émouvante, dirigeant la lumière sur de menus détails qui déploient sens et profondeur. Sea-Doo, le drôle d’homme parcourant des kilomètres sur sa motomarine immobile, Dominic, perché dans la tranquillité du haut de la cabine de son souffleur à neige, Michel, qui s’ennuie de son Claude, ne pouvant s’empêcher d’espérer que les choses s’arrangent. L’art du bref sollicite un talent narratif particulier puisque tout un univers doit être contenu en quelques pages. Rémi-Julien Savard possède cette maîtrise qui insuffle à ses textes une grande sensibilité.

Éclats de chair
Frédérique Dubé, Hamac, 216 p., 25,95$
Peu à peu, des femmes prennent la parole dans l’espace public pour raconter les violences sexuelles vécues. Chaque confidence intime supporte un geste politique qui rejoint la sphère collective et apporte une résonance qui n’accepte pas le mutisme et l’indifférence. Démonstration supplémentaire de cet engagement, le roman Éclats de chair de Frédérique Dubé livre sans concession un récit d’abus qui ne veut pas taire son nom. « Bang bang bang bang! C’est le bruit du sommet de mon crâne qui frappe le mur à intervalles réguliers. C’est le rythme effréné de tes coups de bassin, c’est toi qui me pénètres vigoureusement. » Essentielle à sa reconstruction, la confession de la narratrice révèle les empreintes vivaces qui marquent le corps au fil du temps, l’entraînant dans une spirale difficile à désamorcer.

300 raisons d’aimer Québec
Mélanie Jean, L’Homme, 288 p., 37,95$
Après Paris, Londres, New York, San Francisco et quelques autres, c’est maintenant au tour de Québec d’être en vedette dans la collection « 300 raisons d’aimer », y figurant avec fierté grâce à la photographe Mélanie Jean, qui exprimait en entrevue à la radio de Radio-Canada son « impression de vivre dans une carte postale vivante, dans un musée d’histoire à ciel ouvert ». L’autrice suggère de nombreuses attractions dans ce guide singulier, allant des bonnes adresses resto et des inspirantes activités culturelles aux époustouflants sites en nature, n’hésitant pas à s’extirper du centre pour aller se promener en périphérie de la ville. Des codes QR permettent de faire certaines visites virtuelles, donnant un aperçu des lieux et nous aidant à orienter nos choix de sorties. Des personnalités, notamment Robert Lepage et Ricardo Trogi, ont également été invitées à partager leurs incontournables.

Le vacarme des fleurs
Maude Boutin St-Pierre, Éditions du Quartz, 168 p., 24$
Artiste pluridisciplinaire, Maude Boutin St-Pierre propose un premier livre pourvu en beauté, la prémisse suffisant déjà à convaincre de sa lecture. Armée d’un équipement technique complet, une voix tente d’enregistrer les sons produits par la vie du jardin afin de les faire entendre à son amoureux·se dans le coma. Dans un effort vain à recueillir les bruits des fleurs qui poussent, constamment enterrés par les sonorités ambiantes, elle poursuivra tout de même son entreprise parce qu’« [a]imer, c’est une action, c’est pas quelque chose qui nous arrive par accident ». Cette volonté à capturer malgré tout ce qui se dérobe, cette aspiration à ne pas abandonner une lutte perdue d’avance, dévoile un manifeste dans sa teneur, une ode aux sentiments rares qui n’ont de cesse d’inventer des façons de chérir ce qu’ils ont de plus précieux.

Le courage et la joie
Catherine Dorion, Lux, 352 p., 28,95$
Catherine Dorion nous enjoint de cultiver notre pensée critique et nos forces vives, instaurant que c’est tout ce qu’il nous reste — et ce n’est pas rien — pour contrer la montée des idéologies totalitaires qui pullulent en ce moment un peu partout sur la planète. Résister n’est pas qu’un simple mot pour l’autrice. Pour débouter l’angoisse qui nous oppresse en cette époque de levée des incertitudes, elle a recensé des témoignages du passé, des chroniques de gens qui ont eu à subir les effrois causés par des régimes tyranniques. Dans le but d’y collecter une humanité qui transcende ses horreurs, elle souhaite ainsi faire naître des alliances pour qu’ensemble nous consentions, unis par une solidarité d’esprit, à garder un chemin d’espoir.

Feu flou bouche
Carol-Ann Belzil-Normand, Le lézard amoureux, 102 p., 20,95$
Active dans les arts visuels et numériques, Carol-Ann Belzil-Normand est aussi poète. Elle privilégie dans sa démarche une approche de la frivolité qui s’incarne dans une écriture acoustique dans laquelle la brièveté des morceaux incite à les retenir alors qu’ils demandent à fuir. « j’aspire une chose/pour effacer le reste//entre l’écrit et le verbal/ma langue et mes mains//une relation intime avec le vide ». Dans cette esthétique de la vacuité se trouve l’intentionnalité d’une apparition fugitive qui émerge, puis se délite aussitôt qu’elle surgit. Cette évanescence comporte une puissance évocatrice qui transmet page après page la conviction que là où il y a effacement subsiste encore la trace des échos.

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Les triplettes (t. 1) : Constance l’imparfaite

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Agathe l’amoureuse

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Concassée

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Souffler un peu

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Éclats de chair

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Le courage et la joie

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