Paru en premier sur (source): journal La Presse
Est-ce un recueil de nouvelles ou un roman qui s’amuse à réinventer, chapitre après chapitre, un amour qui ne veut pas mourir entre ses deux protagonistes, Myriam et Allison ?
Mis à jour à 8h00
Ce qui nous attend de Myriam Lacroix – née à Montréal et vivant aujourd’hui à Vancouver, et dont la traduction est signée Catherine Lemay – est une œuvre inusitée, mais surtout créatrice d’une grande richesse sur le plan narratif et littéraire. Et on ne peut qu’être ébaubi devant les tournures exubérantes, saugrenues, déjantées, parfois horrifiantes, que prennent les vies entrelacées de ces deux amoureuses sous la plume fantasmagorique de cette autrice à découvrir.
Sous-jacente, cette question : quelle forme prendra un amour intense, voire toxique, entre deux personnes si on change les paramètres — les circonstances, les professions, le statut social, l’espèce, même ! À la manière d’une figure fractale, les motifs se répètent à l’infini, s’éclatent, se transmuent. Punks, elles deviendront mères en trouvant un bébé dans une ruelle ; dans « Amour et obscurité », Allison disparaît alors que Myriam, cherchant un sens à sa vie, rencontrera le troublant sosie de cette dernière, Claire… à moins que tout ça ne soit que le fruit de son imagination ?
Mais la plus marquante est sans aucun doute celle qui donne son illustration au livre, « Chou d’amour », une brillante (et frissonnante) histoire où l’anthropophagie devient remède contre la dépression, reprise avec brio en mise en abyme dans le dernier récit, « L’attribut ».
Ce qui nous attend
Québec Amérique
314 pages






