Source : Le Devoir
Le quartier de Griffintown, longtemps port d’attache d’une importante communauté ouvrière irlandaise, connaît depuis près d’une dizaine d’années une profonde mutation. En ce chaud après-midi de juin, alors que Le Devoir y a rendez-vous avec la primo-romancière Chloë Rolland, le vaste territoire de 84 hectares — aujourd’hui délimité par l’autoroute Bonaventure, le boulevard Georges-Vanier, la rue Notre-Dame et le canal de Lachine — gronde sous les marteaux-piqueurs qui donnent naissance à une énième nouvelle tour d’habitation.
Chloë Rolland a assisté aux balbutiements de ces grands bouleversements, au début des années 2010, alors qu’elle travaillait au Vieux-Port de Montréal. « Je suis très intéressée par ce qui unit les gens aux lieux. Griffintown me semble un quartier sans autre équivalent dans la métropole. On n’a pas construit par-dessus jusqu’à ce que ce ne soit plus accessible au commun des mortels, comme on a pu le faire avec le Plateau-Mont-Royal, par exemple. Il a été complètement rasé, pour bâtir quelque chose d’international, qui ne ressemble à rien de ce qu’il y avait avant. Par le fait même, on a effacé et fait abstraction d’une mémoire. D’autant plus que les gens ont déserté le quartier. La plupart ne se sont pas battus pour garder leur maison et leurs souvenirs. On a construit un endroit sans histoire. »
Avec son premier roman, C’est ton carnage, Simone, l’écrivaine a donc souhaité restituer par la fiction une partie de cette mémoire, en donnant voix à quatre personnages — Simone, Béatrice, Lola et Max — qui voient leur résidence et leur commerce acculés
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