Source : Le Devoir
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« Je raconte cinq siècles de ma vie sur le dos de la Grande Tortue. / Je ne sais pas comment j’en suis arrivé là. / Mes pas rapetissent. / Mes hanches grognent. / Mon souffle tire la langue et ma mémoire perd des mots au bord de mes lèvres. / Je suis vieux de cinq cents longues années ». Depuis 1534, alors qu’on « traite [les siens] comme des immigrants » jusqu’en 2024, où il « dor[t] sur le dos des montagnes, Jean Sioui retrace l’occupation du territoire. Dans une suite de douze historiettes entrecoupées de poèmes, l’auteur wendat évoque l’histoire du Nionwentsïo, terre ancestrale sur laquelle son peuple n’a que, depuis peu, repris ses droits. Il signe un texte sensible qui fait suite au recueil Yändata’/ L’éternité au bout de ma rue, raconte avec sincérité la poésie du territoire, là où le vent et le loup sont maîtres. Nionwentsïo, où se trouve le camp du Lily, rafistolé avec ses frères, reste un témoin tangible de cette réappropriation. Magnifique récit porté par une atmosphère organique, un amour et un respect senti du pays qui est toutefois trop bref pour la majestuosité de cette relation.
Cinq siècles de vie sur le dos de la Grande Tortue
★★★ 1/2
Jean Sioui, Hannenorak, Wendake, 2025, 112 pages
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