On connaît surtout Guillaume Corbeil pour son œuvre théâtrale, mais il a aussi signé une biographie ainsi que des recueils de contes et de nouvelles, en plus de scénariser un film. Une œuvre protéiforme, auréolée de nombreux prix, qui arpentera de nouveaux territoires avec La vie rangée de Théodore, première incursion en littérature jeunesse. Pour l’occasion, on s’invitera dans le quotidien de Théodore, qui « aime que tout soit bien en ordre ». Cet album de 144 pages promet d’explorer « les chocs de la recomposition familiale à travers les obsessions douces et les rituels d’un enfant qui cherche sa place ». Cécile Gariépy, dont l’œuvre s’est retrouvée en plusieurs lieux et médias de renom, assurera l’univers visuel. Elle signe ainsi un huitième titre destiné d’abord à un public jeune.
La Pastèque, 4 février
La dernière parution d’Élise Turcotte pour un public jeune remonte à 2009. Entre-temps, elle a toutefois nourri son œuvre de plusieurs titres, ravissant un lectorat déjà conquis et ajoutant plusieurs reconnaissances prestigieuses à son palmarès. L’été de la pluie est né dans ce petit cimetière, enfoui sous la végétation, qu’Élise Turcotte, à l’instar de sa protagoniste, a désherbé pour en découvrir les pierres tombales. Les idées que leurs inscriptions ont fait naître ont mené à ce court roman graphique « aux accents un peu gothiques, à la beauté à la fois envoûtante et inquiétante ». Un univers que l’on annonce « mystérieux et brillant, comme un chagrin sous la pluie », mis en illustrations par l’inimitable Caroline Merola. La très célébrée illustratrice imbibe l’histoire de teintes de bleu, en jouant habilement avec ombres et lumières. Une invitante promesse.
La Bagnole, 30 avril
Alizée Goulet signait, pas plus tard que l’an dernier, un premier roman, Qui de nous trois s’égare (Triptyque), après deux recueils de poésie. La maternité, dit-elle, « dans son rapport au corps et à l’écriture, forme une nouvelle préoccupation dans son travail créatif ». Et la parentalité, peut-être, l’aura invitée en littérature jeunesse, tandis qu’elle y fera paraître un premier titre, Minuit sonne et farandole. Pour nous, Junno, Minne et Liondoux échancreront le grand rideau de la nuit et, lancées dans les bois, découvriront une étrange parade : « ours, lièvres, grenouilles, cerfs et écureuils font résonner tambours, flûtes et maracas sous la lune ronde ». On nous offre d’y célébrer « la magie du jeu, la beauté des rencontres et la complicité lumineuse entre sœurs ». Un récit poétique irisé par Laurence Goulet-Tremblay, dont les illustrations saturées de bleu couvent la nuit. Elle signe ainsi un second titre chez Monsieur Ed, après Zip Zap (2025).
Monsieur Ed, 24 janvier
La dernière — et seule — fois que Vincent Lambert nous a proposé une poésie destinée d’abord à un public adolescent, c’était son saisissant Une chose étrange et gentille (et invisible) (2021, La courte échelle). On y était alors dans une fureur adolescente, à chercher une vie dépouillée de fard et rendue dans sa plus forte et nue propriété. Cette fois, Le royaume des chuchotements nous invite à d’autres tiraillements : « Comment faire pour se tenir au seuil de la mort quand on devrait pourtant avoir la vie devant soi ? » Vincent Lambert, poète, essayiste, professeur et arpenteur existentiel, entend saisir la poésie pour, peut-être « amadouer la peur du pays inconnu » qu’est la mort. Par la voix de son protagoniste, qui ne fêtera pas ses 14 ans, l’auteur fait fi des tabous et embrasse la finitude pour offrir un nouvel éclairage à la vie : « La mort devient un territoire et, en le découvrant, c’est notre place dans le monde que nous trouvons. »
Boréal « brise-glace », 31 mars
Les braises des derniers romans de Julie Hétu sont encore vivantes, mais voici qu’elle ajoute une nouvelle bûche au feu. Après Les dormeurs de Nauru (Druide, 2025) et Laissez brûler Laurier Rose (D’eux, 2025), l’écrivaine confirme une période fertile en nous proposant Piscine Versailles, où elle emploiera sa langue râpeuse et poétique pour infuser une histoire « à la beauté brutale, où les mots et les graffitis s’inscrivent comme un rempart à la violence du quotidien ». Elle nous réunit ainsi autour de la piscine Versailles, « oasis du rien à faire où les enfants semblent pousser entre les pissenlits et les balançoires rouillées ». Sauveteuse de « ce camp de vacances gratos », Amour doit se remettre d’une nuit qui a mal viré, et trouvera des réponses, sinon un réconfort, dans la poésie de combat du rap, « qui l’aidera à freiner le déferlement de ses idées ». On peut s’attendre, une fois de plus, à un récit à vif : « Tout sera permis pour effacer le réel — tatouage, course de chars —, tout,
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