Source : Le Devoir
On entre dans l’univers de Cassie Bérard comme on le ferait dans la maison d’un inconnu. On retire nos chaussures et franchit le hall l’oeil aux aguets, incertains de ce que nous réserve le décor, et encore moins de ce qui se cache sous les meubles.
Avec Congé, l’écrivaine et professeure au Département d’études littéraires de l’UQAM ajoute une nouvelle brique à une oeuvre qui manipule à son avantage les traditions narratives et les conventions théoriques. Après une fable prolétaire métaphysique (Qu’il est bon de se noyer), un récit psychologique mathématique (La valeur de l’inconnue) et un polar dystopique (L’équilibre), l’autrice manipule les codes et les genres à sa guise pour offrir un roman d’horreur unique et évasif.
Clémence, une policière en congé, habite Mystic, une petite bourgade des Cantons-de-l’Est où les résidents se confortent devant les malheurs de la vie en en attribuant la faute aux fantômes et aux sorcières. Alors qu’elle devrait profiter de son temps libre pour reprendre le contrôle de la ferme héritée de son père, nourrir les poules et retirer les mauvaises herbes qui envahissent le jardin, la jeune sergente est plutôt happée par un mystère qui la dépasse.
Sur le meuble du buffet, son amant, parti à Portland sur les traces de Stephen King, a laissé un manuscrit inachevé dans lequel il documente un meurtre irrésolu datant de 1903, et que le village semble avoir voulu taire. Pour faire la lumière sur cette enquête, Clémence conduit jusqu’au Maine, déterminée à retrouver les traces de
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