Paru en premier sur (source): journal La Presse
Stagiaire à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), une expérience qu’elle avait d’abord évoquée dans Mon grand écrivain, publié en 2009, Emmanuelle Lambert doit préparer une grande rétrospective sur Alain Robbe-Grillet (celui qu’on appelait « le pape du Nouveau Roman »).
Publié à 10 h 30
Alors dans la jeune vingtaine, elle fait connaissance avec ce monstre de la littérature et sa femme, Catherine, autrice, actrice et maîtresse de cérémonie sadomasochiste. La narratrice réussit l’exploit de ne pas se laisser avaler par ces monstres d’égocentrisme, et par ce milieu qui dévore les jeunes femmes comme de la chair fraîche.
Je craignais, à tort, que cette histoire soit réservée aux initiés, aux gens du milieu littéraire parisien qui allaient reconnaître untel ou unetelle dans les descriptions de Lambert. Pas du tout. Par petites touches, l’autrice décrit avec beaucoup de finesse le milieu littéraire, le machisme et le sexisme, le bal des égos et, en filigrane, brosse un portrait absolument irrésistible de Robbe-Grillet qu’elle descend de son piédestal tout en douceur, avec une irrévérence respectueuse.
Ce roman est d’une intelligence et d’une grande maîtrise, avec juste assez de sarcasme et d’humour pour nous faire sourire très souvent. Les lecteurs ont apprécié puisque l’autrice était finaliste pour le prix littéraire Le Monde et le Goncourt des lycéens. Pour ma part, je me promets d’aller lire tous ses autres livres.
Aucun respect
Stock
224 pages





