Paru en premier sur (source): journal La Presse
Dans son recueil Scénarios catastrophes, qui fait suite au roman Ouvrir son cœur paru en 2018, Alexie Morin démontre à nouveau une pleine maîtrise de l’écriture, qui sert à merveille son sens aigu de l’observation de la condition humaine.
Publié à 18 h 00
Morin évoque ses premières années à Montréal, où la solitude de la vingtaine se transmue en un espace d’exploration intérieure. Dans un appartement qui est à la fois refuge et prison, la narratrice fait l’expérience poignante de l’angoisse.
Elle écrit de manière compulsive, cherchant à donner un sens à une réalité en proie au désordre. Morin capture l’essence de moments de grande solitude, où le corps reste immobile tandis que l’esprit s’emballe, hanté par des pensées intrusives de fuite. « Quand je me réveille/la nuit, c’est peut-être/ce qui se produit/je me réveille dans un monde/parallèle où je perds tout/triste et abandonnée/stupide et sans appétit/dans le monde d’où je viens/c’est abominable ».
Les poèmes, d’une limpidité saisissante, révèlent cette tension entre l’impassibilité du corps et les dérapages de l’esprit. Scénarios catastrophes est une méditation sur l’angoisse, l’isolement et l’insomnie, profondément ancrée dans l’expérience contemporaine.
À travers des métaphores puissantes et une langue précise, Morin évoque des images saisissantes qui résonnent longtemps. Elle interroge la nature même de l’identité et du temps, offrant une réflexion profonde sur la vulnérabilité humaine face au monde chaotique qu’est le nôtre.
Scénarios catastrophes
Le Quartanier
158 pages





