Paru en premier sur (source): journal La Presse
Écrivaine prolifique aux multiples casquettes, lauréate du Prix du Gouverneur général pour son roman jeunesse Un été d’amour et de cendres, Aline Apostolska s’attarde ici au destin de la jeune Anastasia qui, en mai 1968, a 8 ans et vit avec ses parents à Paris, après avoir été élevée par ses grands-parents paternels à Athènes.
Mis à jour à 9h00
Alors que les manifestants envahissent les rues de la capitale, elle savoure la vie des beaux quartiers, habitant sous le toit d’un riche propriétaire qui emploie ses parents. Mais tout n’est pas rose dans ce foyer dominé par un père violent et tyrannique… Puis, ellipse, on la retrouve des années plus tard, entre Montréal et New York, à l’orée de la soixantaine.
De fil en aiguille, elle reconstruit en sens inverse les années qui ont filé, pour enfin revenir aux circonstances troubles entourant son départ de Paris.
À travers ce récit habilement édifié, l’autrice dessine un parcours meublé d’éloignements et de fuites. La fuite de son père, celles de sa mère, et finalement les siennes — toute sa vie n’aura été qu’une fuite en avant, pensera Anastasia avec le recul. Mais le passé finit par la rattraper et la seule issue possible est de cesser de fuir pour aller à sa rencontre.
Quête identitaire d’un autre temps, ce roman réfléchit à ce dont on hérite et à ce qui nous est transmis. Peut-on tout simplement s’éloigner et tourner la page sur ceux qui nous ont précédés pour éviter de reproduire les mêmes schémas, d’une génération à une autre ? Il faudrait croire que non.
Si douce France
Flammarion Québec
328 pages





